Le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, a de nouveau mis en cause le gouvernement congolais, l’accusant d’être responsable du blocage dans la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre du processus de Doha, conduit sous l’égide de l’État du Qatar.
Dans une déclaration récente, l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a rappelé que, tout au long de l’année 2025, son mouvement avait fait le choix de la paix, une décision qu’il qualifie de responsable, mais difficile, compte tenu des sacrifices consentis sur le terrain.
Selon Corneille Nangaa, l’AFC/M23 s’est engagée de bonne foi dans le dialogue avec les autorités de Kinshasa, ce qui a conduit à la signature de plusieurs actes en 2025, notamment un communiqué conjoint en avril, une Déclaration de principes en juillet, un mécanisme pour la libération des prisonniers en septembre, un mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu en octobre, ainsi qu’un accord-cadre en novembre.
« Mais cet espoir a été odieusement trahi. Très vite, le régime de Kinshasa s’est illustré par le non-respect des engagements pris, et encore moins de la parole donnée. Un régime fondé sur les mensonges et les fausses promesses. À ce jour, pas un seul prisonnier n’a été libéré, en violation flagrante des accords signés », a déclaré Corneille Nangaa.
Il a également accusé le gouvernement congolais de saboter le cessez-le-feu par des violations répétées et systématiques.
« Le cessez-le-feu est méthodiquement saboté, transformant progressivement une trêve fragile en une guerre ouverte et généralisée qui nous est imposée », a-t-il ajouté.
Sur le plan diplomatique, le processus de Washington, facilité par l’administration américaine du président Donald Trump, semble avoir enregistré une avancée formelle avec l’entérinement des accords par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame. Toutefois, les discussions menées parallèlement à Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, continuent de peiner à produire des résultats concrets.
Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit — notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés — demeurent à ce stade au point mort. Plusieurs mesures convenues depuis la publication du communiqué conjoint d’avril n’ont toujours pas été mises en œuvre.
Cette stagnation diplomatique a contribué à la reprise de violents affrontements entre les forces gouvernementales et l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, conduisant à l’occupation de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Cette prise de contrôle a suscité de vives condamnations internationales, principalement dirigées contre Kigali, notamment de la part des États-Unis.
Sous la pression de la communauté internationale, la rébellion de l’AFC/M23 a annoncé son retrait d’Uvira, affirmant vouloir accorder une nouvelle chance aux processus de paix en cours.
Clément Muamba