Dix-huit femmes congolaises, issues de divers domaines, ont été distinguées pour leur engagement en faveur de causes sociales lors de la première édition du prix « Maman Muilu » (épouse du prophète Simon Kimbangu), organisée dimanche à Kinshasa. Rosiane KABANGU, Ambassadrice de la jeunesse congolaise au COMESA et lauréate de ce prix, s'est confiée au Desk Femme sur l'impact de cette distinction sur son engagement pour l'autonomisation de la femme.
Madame Rosiane Kabangu, que représente pour vous le prix "Mama Mwilu" et comment avez-vous réagi lorsqu’on vous a annoncé que vous étiez parmi les lauréates?
Rosiane Kabangu: Le prix "Mama Mwilu" représente pour moi une reconnaissance précieuse de l'engagement et de la détermination que je mets dans mes actions en faveur de la jeunesse et des femmes. Lorsque j'ai reçu cette annonce, j'étais à la fois honorée et émue. C'est un signal fort que notre travail sur le terrain est valorisé et qu'il inspire d'autres à continuer à se battre pour un avenir meilleur.
Le prix "Mama Mwilu" fait référence à Maman Mwilu, une figure emblématique du panafricanisme et de la religion kimbanguiste. Qu’est-ce que cet héritage symbolise pour vous et comment l’incorporez-vous dans vos actions quotidiennes ?
Rosiane Kabangu: L'héritage de Maman Mwilu symbolise pour moi la solidarité, l’unité et la lutte pour la dignité humaine. J'incorpore ces valeurs dans mes actions quotidiennes en travaillant à créer des espaces inclusifs où les voix des jeunes femmes sont entendues et respectées, tout en promouvant des initiatives qui célèbrent notre culture et notre histoire.
Vous êtes reconnue pour votre engagement en faveur de l’autonomisation des jeunes femmes et du leadership féminin. Qu’est-ce qui vous a motivée à vous lancer dans ces causes ?
Rosiane Kabangu: Ma motivation vient de ma propre expérience et des défis que j'ai observés autour de moi. J'ai réalisé que beaucoup de jeunes femmes ont du potentiel, mais manquent de ressources et de soutien. Je veux être un catalyseur qui aide à changer cette réalité en offrant la possibilité à ces jeunes femmes d’aller vers les opportunités qui les intéressent et en renforçant leurs confiances en soi et leurs compétences.
Au cours de votre parcours, avez-vous rencontré des obstacles particuliers en tant que femme leader dans un environnement dominé par les défis socio-économiques et politiques ? Si oui, comment les avez-vous surmontés ?
Rosiane Kabangu: Oui, j'ai rencontré divers obstacles, notamment des stéréotypes de genre et une discrimination systémique. Pour les surmonter, j'ai cherché à me former continuellement, à bâtir un réseau de soutien solide et à faire entendre ma voix. Le partage de mon parcours et de mes réussites avec d'autres femmes m'a également permis de créer un espace d'encouragement mutuel.
Votre travail en faveur du leadership féminin et de l’autonomisation des femmes s’étend sur près d’une décennie. Quels changements majeurs avez-vous observés dans la perception de la femme congolaise au fil des années ?
Rosiane Kabangu: Il y a eu un changement significatif dans la perception de la femme congolaise. De plus en plus, les femmes sont reconnues pour leur potentiel et leur capacité à occuper des postes de leadership. Les initiatives en faveur de l’autonomisation prennent de l'ampleur, et les jeunes femmes commencent à croire en leurs capacités à changer leur destin.
Quels sont, selon vous, les principaux leviers à activer pour encourager davantage de femmes à prendre des responsabilités dans les domaines politiques, économiques et sociaux en République Démocratique du Congo ?
Rosiane Kabangu: Il est essentiel d'améliorer l'accès à l'éducation et à la formation, de renforcer les réseaux de soutien pour les femmes et de promouvoir la participation des femmes dans les processus décisionnels. De plus, il est crucial de travailler à la mise en œuvre de politiques qui favorisent l'égalité de genre et la protection des droits des femmes.
Le prix que vous avez reçu s'inscrit dans un contexte de valorisation de l’engagement féminin à travers le continent africain. Comment, à votre avis, les femmes congolaises peuvent-elles continuer à s’impliquer activement dans la transformation de leur société ?
Rosiane Kabangu: Les femmes congolaises doivent continuer à se mobiliser autour d'initiatives qui promeuvent leurs droits et leur bien-être, s'engager dans des espaces de décision et partager leurs histoires pour inspirer d'autres femmes. Le travail collectif et la solidarité sont essentiels pour provoquer un changement durable.
Quelles sont les prochaines étapes dans votre engagement pour les causes sociales et féministes ?
Rosiane Kabangu: Mes prochaines étapes incluent le lancement de nouveaux programmes de formation pour les jeunes femmes, la création de partenariats stratégiques avec d'autres organisations et la sensibilisation continue sur les droits des femmes à travers le pays. Je suis également déterminée à promouvoir la prochaine génération de leaders féminins.
Quel message adressez-vous aux jeunes femmes congolaises et africaines qui aspirent à s’impliquer dans le leadership et à faire entendre leur voix ?
Rosiane Kabangu: Je leur dis de croire en elles-mêmes, de ne jamais sous-estimer leur potentiel et d'oser s'exprimer. Le chemin vers le leadership peut être semé d'embûches, mais chaque pas que vous faites compte. Soyez solidaires, soutenez-vous les unes les autres et n'oubliez pas que vous êtes les architectes de votre propre avenir. Ensemble, nous pouvons faire la différence !
Propos recueillis par Nancy Clémence Tshimueneka