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Photo ACTUALITE.CD.

Les enseignants de la ville de Goma, tous les syndicats confondus, ont décidé ce mercredi 9 octobre 2019, de radicaliser la grève après son déclenchement la semaine dernière dans les écoles conventionnées catholiques et protestantes de la ville. 

Les enseignants ont organisé aujourd’hui une assemblée générale extraordinaire pour évaluer la grève qu’ils ont radicalisée. 

« C'est l'heure de tenir la promesse de la gratuité. C'est l'heure de soutenir le Président dans sa volonté. C'est l'heure de faire respecter le travail de l'enseignement, de faire respecter les accords de Bibwa. C'est l'heure de réclamer la paie et la rendre une réalité pour tous les enseignants. Ceux qui espèrent qu'un enseignant avait seulement besoin d'un salaire dérisoire, avait besoin de se défouler et qu'il se montrerait satisfait, auront un rude réveil si la nation retourne à sa mauvaise habitude. Il n'y aura ni repos, ni tranquillité, ni éducation d'excellence en RDC jusqu'à ce qu'on ait accordé aux enseignants leur droit de dignité et du mieux-être. Les grèves, les tourbillons de révolte ne cesseront d'être enregistrés. En conclusion, nous radicalisons la grève », a dit à la presse Israël Tuamini, enseignant de l'Institut Tupendane où les cours sont suspendus à l'instar de plusieurs autres écoles primaires et secondaires.

Ils exigent aussi un salaire de 2 millions de Francs Congolais pour les enseignants payés, les non payés et les nouvelles unités, avant toute reprise des activités.

« Nous revendiquons l'argent de l'État. Ils publient partout qu'ils nous donnent 244 dollars, mais c'est faux. C'est écrit 152 000 FC sur les listings mais quand nous devons toucher cet argent, ça devient 144 000 FC voire 139 000 FC parce que la banque nous coupe aussi quelque chose. Nous ne demandons pas aux parents de nous payer mais que l'État s'assume. Et ce qui nous pousse à radicaliser la grève, même les 139 000 FC ne sont jamais arrivés en banque. Nous nous présentons devant les guichets, on nous dit que les banques ne sont pas encore alimentées. Nous sommes dans une confusion. Et comment peut-on vivre avec 132 000 FC par mois. Comment peut-on subvenir à tous nos besoins avec ce maigre salaire ? » s'indigne Kavira Kisomi, enseignante dans une école de Goma.

Les enseignants des écoles conventionnées protestantes et catholiques de Goma sont entrés en grève respectivement le mercredi 2 et le jeudi 3 octobre derniers. Ils revendiquent la mécanisation de tous les chevaliers de la craie, la prise en charge des enseignants non payés et des nouvelles unités ainsi que la majoration de leur salaire tel que promis par le Président de la République.

En meeting lundi 7 octobre 2019 à la place de l’indépendance à Bukavu (Sud-Kivu), le président de la république Félix Tshisekedi a rassuré que la gratuité de l’enseignement de base est une réalité sur l’ensemble du pays depuis la rentrée scolaire en cours.

Le Gouvernement a débloqué la semaine dernière 41.678.475.595,00 de FC soit 24,972 millions USD sur 25,495 millions USD attendus, pour financer le premier palier additionnel de salaire des enseignants du mois de septembre 2019.

Jonathan Kombi