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Ph. ACTAULITE.CD

Au cours d’une matinée scientifique organisée, ce mardi 14 mai, dans la salle polyvalente du laboratoire vétérinaire par le Centre interdisciplinaire de gestion de risque sanitaire (CIGRS), en collaboration avec l’Association des communicateurs de Santé en Afrique, Antoine Nkuba, enseignant à l’UNIKIN au département Biologie moléculaire, a présenté la maladie à virus Chikungunya.

Découvert depuis 1963 en Tanzanie, et tirant son nom de la langue swahili, la position « courbée » que prend une personne atteinte de cette maladie, Chikungunya est apparue pour la première fois en RDC en 1958 dans les territoires de Doruma (Haut-Uele) et Gemena (Sud-Ubangi). Réapparue en décembre 2018, les alertes de la maladie à Virus Chikungunya sont survenues aux laboratoires spécialisés venant des provinces du Kongo Central, et de Kinshasa où même les habitants de la commune de la Gombe sont infectés.

« Maladie provoquée par le moustique aèdes »

« Le Virus Chikungunya est un arbovirose, c’est-à-dire une maladie transmise d’une vertèbre à une autre par un agent vecteur. Cette maladie a comme agent vecteur le moustique aèdes, noir de peau et tacheté de blanc, très résistant et se transporte facilement, le contraire de l’anophèle, vecteur du paludisme », a défini Antoine Nkuba.

L’Aèdes peut être retrouvé dans les gîtes naturels comme des bambous, des roseaux et des trous des arbres, mais également les gîtes domestiques comme les pots de fleurs, les boîtes de conserve, récipients d’eau, bref l’eau constitue un milieu favorable pour que les aèdes laissent les œufs.

Selon ce médecin, le virus de cette maladie a un « grand amour pour les articulations du corps ». Après 7 à 10 jours d’incubation « la maladie se manifeste par fébrilité, une forte fièvre, les maux de tête, les arthralgies, c’est-à-dire des douleurs fortes et persistantes aux articulations » et elle est diagnostiquée suivant son évolution.

« Maladie dangereuse, mais sans traitement »

La maladie Chikungunya n’a pas un traitement approprié, il est traité par ses symptômes, il n’y a pas non plus un vaccin contre elle. Il faut donc, pour l’éviter, engager une « lutte vectorielle » et un contrôle des populations vectorielles afin de maintenir des densités de vecteur sous un seuil ne permettant pas la transmission. A ceci s’ajoute des mesures préventives telles que l’assainissement des milieux domestiques et éducatifs, et des mesures d’urgence comme la pulvérisation d’insecticides.

« Lorsque Chikungunya trouve d’autres maladies dans le corps humain, il peut être dangereux et amener jusqu’à la mort, mais elle n’est pas généralement mortelle »,  a éclairé M. Nkuba.

Le Virus de Chikungunya ne survit pas à la chaleur, raison pour laquelle il y a des perspectives que les spécialistes veulent atteindre afin d’éradiquer cette maladie : « Continuer les analyses de laboratoire, renforcer la surveillance épidémiologique, sensibiliser la population à l’assainissement de leurs milieux de vie ».

En RDC, le nombre exact des malades et des décès n’est pas encore connu car la maladie est non-listée pour être mise sous surveillance.

Thérèse Ntumba