Des mouvements de déplacement de populations sont observés sur le tronçon Lubumbashi-Kambau, à la suite de deux attaques successives attribuées aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) à Mabutua, dans le territoire de Mambasa, en Ituri, et à Makumo, dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu.
La menace des ADF dans le groupement Bapakombe (secteur de Bapere), dans le territoire de Lubero, affecte la tranquillité des populations civiles, particulièrement dans les zones minières de Mabutua, Makumo, Maikengu et leurs environs.
Des coups de feu ont été entendus dans la soirée du mardi 27 octobre à Makumo, un village minier situé dans le groupement Bapakombe. Selon des sources locales, des combattants présumés ADF, ont tenté de mener une incursion dans cette agglomération avant d’être repoussés par les FARDC et des wazalendo.
Une nouvelle présence des assaillants a toutefois été signalée le mercredi 28 octobre, sans qu’un bilan ne soit établi. Face à cette situation, la société civile locale appelle les populations, particulièrement les agriculteurs et les habitants des zones concernées, à redoubler de vigilance et à renforcer leur collaboration avec les forces de sécurité.
Kakule Wayirewavene Germain, coordinateur de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC) dans le groupement Bapakombe, a salué l’intervention des FARDC et des wazalendo lors des attaques enregistrées à Mabutua et Makumo en début de semaine. Il encourage également les habitants à continuer de collaborer avec les forces de sécurité afin de faire face à cette résurgence des activités des ADF dans la région.
Depuis le dimanche 25 octobre 2026, les habitants de plusieurs localités minières, notamment Mabutua, Lubumbashi, Bilulu et Maikengu, ont commencé à se déplacer vers des agglomérations considérées comme relativement sécurisées, principalement Kambau et Njiapanda.
La localité de Kambau accueille actuellement de nombreux déplacés en provenance de Bilulu, Lubumbashi, Nzibe, Kenge, Zangalo, Magazine, Dela, Kasopo et Akwele, entre autres. Ces populations déplacées vivent dans des conditions difficiles et ne bénéficient d’aucune assistance.
Cette résurgence des attaques intervient alors que l’efficacité de l’opération Shujaa, menée conjointement par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’Uganda People’s Defence Force (UPDF) contre les groupes armés, notamment les ADF affiliés à l’État islamique (EI), continue de susciter des interrogations près de cinq ans après son lancement en novembre 2021 sous la présidence de Félix Tshisekedi.
Dans une nouvelle enquête publiée mardi 27 octobre 2026, The Sentry relève que cette opération militaire aurait davantage contribué à disperser les combattants ADF vers des zones plus reculées de l’est de la RDC, notamment des régions riches en or et en cacao, plutôt qu’à mettre fin à leur menace.
Ce constat rejoint celui du rapport du groupe d’experts des Nations unies publié en juillet dernier, qui relevait notamment le manque d’effectifs, le recours aux groupes wazalendo, la dispersion des ADF et l’extension de la menace contre les populations civiles.
Josué Mutanava, à Goma