La ville côtière d’Uvira, au Sud-Kivu a observé ce vendredi 30 octobre « une journée ville morte » pour exiger la fin de la guerre d'agression dans la partie Est du pays, à travers la rébellion du Front pour la refondation de la nation (FRN). Dès le matin, écoles, marchés, transports, commerces ont été perturbés.
Les parents ont préféré garder leurs enfants à la maison. Une présence policière et militaire a été observée dans plusieurs coins de la ville.
« La matinée, les policiers et militaires étaient presque partout, on avait peur qu'on n'est pas sorti. Même les enfants n'étaient pas partis à l'école », témoigne à ACTUALITE.CD, un habitant d'Uvira.
En plus d’une journée ville morte, la société civile voulait aussi organiser une marche mais cette dernière a été étouffée par le déploiement des forces de l’ordre et de sécurité.
« L'Est de la RDC connaît des affres de la guerre, beaucoup de victimes sont enregistrées, c'est pourquoi il fallait lancer un message que les Congolais d'Uvira, Fizi, Baraka ne sont pas prêts pour accueillir le RFN de Joseph Kabila. Il fallait rappeler les responsabilités du gouvernement congolais », dit Byamungu Shamamba, de la Nouvelle société civile congolaise.
La veille, le maire d'Uvira avait lancé un communiqué interdisant toute ville morte ou marche pour des raisons sécuritaires. Un appel non suivi par les organisateurs et les habitants qui sont restés chez eux à la maison.
Uvira est l'actuelle capitale provinciale après la prise de la ville de Bukavu par le RFN. Fin 2025, la ville d’Uvira située au bord du lac Tanganyika, en frontière avec le Burundi, a été occupée par les rebelles du FRN qui ont été sommés de se retirer deux semaines après, sous pression des USA.
Depuis quelques mois, les rebelles nourrissent une fois de plus l’intention de réoccuper la ville d’Uvira. Une des raisons qui expliquent l’idée des structures de la société civile d'organiser des mobilisations notamment à travers une journée ville morte pour s’opposer à la guerre.