Un nouveau mouvement citoyen dénommé « Les Héritiers du Combat Citoyen » fait son entrée dans l’agora politique congolaise. Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 21 octobre, Ses initiateurs annoncent une série d’actions pacifiques pour défendre la Constitution, l’État de droit et les libertés fondamentales, estimant que les combats menés avant l’alternance politique de 2018 restent d’actualité.
Présentée comme une dynamique républicaine et intergénérationnelle, cette nouvelle plateforme affirme réunir des pionniers des mouvements citoyens, des défenseurs des droits humains, des militants pro-démocratie et des jeunes engagés. Elle entend poursuivre le combat citoyen au-delà du changement de pouvoir intervenu en 2018, considérant que l’alternance ne suffit pas, à elle seule, à garantir le fonctionnement démocratique des institutions.
Dans leur déclaration, lue par Bénie Bilenge, coordonnatrice des Héritiers du Combat Citoyen (HCC), les initiateurs rappellent le rôle joué par les mouvements citoyens et la société civile dans les mobilisations en faveur de l’alternance démocratique. Ils évoquent une lutte marquée par des arrestations, des intimidations et des violences, tout en rendant hommage aux militants décédés.
« Nous défendons une alternance démocratique régulière organisée conformément à la constitution dans laquelle aucun dirigeant ne peut se considérer comme indispensable à la nation. Le Congo a besoin d’institutions solides et non d’hommes que l’on représente comme irremplaçables. C’est dans cet esprit que nous annonçons solennellement la mise en place du mouvement dénommé les héritiers du combat citoyen, une dynamique républicaine et intergénérationnelle. », a-t-elle lu.
Sur le plan politique, le nouveau mouvement interpelle le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, sur sa responsabilité dans la préservation de l’ordre républicain. Ses membres l’invitent à renoncer à tout projet de référendum qui viserait, selon eux, à modifier l’ordre constitutionnel en vigueur dans le but de se maintenir au pouvoir au-delà de la durée de son mandat.
« Nous interpellons solennellement le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, sur sa responsabilité constitutionnelle de préserver le pacte républicain et l’invitant à rénoncer au projet du référendum dont le seul but serait de modifier l’ordre constitutionnel en vigueur. Si son dessein est de mettre en place un cadre juridique destiné à son maintien au pouvoir au-delà de la durée de son mandat constitutionnel, nous l’appelons à mettre fin à pareille initiative. », a-t-elle poursuivi.
Les Héritiers du Combat Citoyen adressent également un message à l’ancien président Joseph Kabila Kabange, qu’ils appellent à renoncer au recours aux armes. Pour les initiateurs, les ambitions politiques doivent s’exprimer dans le respect de la Constitution, tandis que la République ne saurait être considérée comme la propriété d’un individu, d’un parti politique ou d’un groupe d’intérêts.
« Nous invitons le sénateur Joseph Kabila Kabali à rénoncer au recours aux armes, car le recours à la rébellion armée constitue un acte criminel de haute trahison conformément à la constitution qu’il a lui-même promulguée le 18 février 2006. Notre position est claire. La République vocative du Congo n’est la propriété d’aucun président, d’aucun parti politique, d’aucune famille et d’aucun groupe d’intérêt. », a-t-elle conclu.
Au-delà de ces interpellations, le nouveau mouvement affirme vouloir promouvoir la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice, la limitation des mandats et l’égalité de tous devant la loi. Il entend également transmettre la mémoire des luttes citoyennes aux nouvelles générations, notamment aux étudiants, afin de renforcer leur participation à la vie démocratique.
Ses initiateurs précisent que leur démarche ne vise ni le culte de la personnalité ni l’imposition d’une pensée unique. Ils annoncent enfin la publication prochaine du calendrier de leurs actions et des précisions sur la nature des activités pacifiques envisagées.