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Crash aérien à Kenge: la justice militaire frappée par la disparition de l’auditeur général Lucien-René Likulia et du premier président de la Haute Cour Joseph Mutombo Katalayi

Photo d'illustration

Un coup dur pour la justice militaire de la République démocratique du Congo. L'avion qui s’est écrasé ce vendredi 25 septembre à Kenge, chef-lieu de la province du Kwango avait notamment, à son bord, deux hauts responsables de la justice militaire congolaise, à savoir : le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des Forces armées de la RDC (FARDC) et Joseph Mutombo Katalayi, premier président de la Haute Cour. 

Selon les autorités provinciales du Kwango, l’appareil, présenté comme « un petit porteur », est tombé dans le quartier Manzawu, dans la commune de Masikita. À l’heure actuelle, le bilan provisoire fait état de 13 morts, soit aucun survivant. 

Dans un premier temps, se basant sur le manifeste de l'appareil, Selon Rémy Saki Mukinda, vice-gouverneur du Kwango, confirmait la présence à bord du lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi. 

« Pour le moment, nous avons la liste du manifeste. Parmi les gens qui sont là, il y a le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur des FARDC. Il était accompagné d’un major, d’un capitaine, d’autres militaires et de quelques civils », a-t-il déclaré à ACTUALITE.CD. 

D’après le même manifeste de vol consulté ensuite par ACTUALITE.CD, une autre figure majeure de la justice militaire congolaise se trouvait également à bord de l’appareil. Il s’agit du lieutenant-général magistrat Joseph Mutombo Katalayi Tiende, premier président de la Haute Cour militaire. Ont également péri dans ce crash, des officiers supérieurs de la justice militaire.

La disparition de ces deux hauts responsables constitue un choc majeur pour la justice militaire congolaise. Cette disparition tragique intervient alors que la Haute Cour militaire est particulièrement sollicitée dans plusieurs dossiers judiciaires liés au contexte sécuritaire et politique que traverse la RDC.

Depuis l’agression de la République démocratique du Congo par le Rwanda et le conflit impliquant l’AFC/M23, la juridiction militaire s’est notamment illustrée dans le traitement de plusieurs affaires impliquant des responsables militaires et politiques de premier plan.

Parmi les dossiers les plus marquants figure le procès contre l’ancien président Joseph Kabila, condamné à mort par la Haute Cour militaire pour des faits liés notamment à des accusations de liens avec le Rwanda et l’AFC/M23. La juridiction militaire a également été saisie du dossier du lieutenant-général Philémon Yav Irung, poursuivi notamment dans le cadre d’accusations liées à la rébellion et à des puissances étrangères, dont le Rwanda.

Autre affaire actuellement suivie par la Haute Cour militaire : celle opposant l’auditorat général des FARDC aux généraux d’armée John Numbi, ancien inspecteur général des FARDC, et Christian Tshiwewe, ancien chef d’état-major général des FARDC et ancien conseiller militaire du président Félix Tshisekedi. Les deux anciens hauts responsables militaires sont poursuivis avec sept autres officiers supérieurs ainsi que Pascal Nyembo. Les audiences de cette affaire se poursuivent devant la Haute Cour militaire.

La disparition du premier président de cette juridiction et de l’auditeur général des FARDC intervient ainsi à un moment particulièrement sensible pour la justice militaire congolaise, appelée à traiter plusieurs dossiers majeurs liés à la situation sécuritaire du pays.

L’identification définitive de toutes les victimes ainsi que les circonstances précises de l’accident devraient permettre d’établir dans les prochaines heures le bilan complet de ce crash survenu dans ce coin de la République Démocratique du Congo

Clément MUAMBA


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