"Plus de 70 partis politiques incapables de faire mieux que 200 personnes, loin des chiffres mobilisés en une journée par Grâce Kutino", affirme le Premier vice-président de l'Assemblée nationale
Invité vendredi du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, Jean-Claude Tshilumbayi, Premier vice-président de l'Assemblée nationale et haut cadre de l'UDPS, est longuement revenu sur la marche de l'opposition du 15 septembre à Kinshasa et sur les incidents qui l'ont émaillée, qualifiant la mobilisation d'« échec cuisant ».
D'emblée, le député a affirmé avoir rencontré des membres de la coalition organisatrice qui, selon lui, peinaient eux-mêmes à trouver un discours face à ce qu'il a décrit comme un boycott massif de la population congolaise. « Il faut commencer par dire qu'ils ont échoué. Ils n'ont pas été en mesure de mobiliser 200 personnes. Ça, c'est le postulat de base », a-t-il martelé, y voyant le point de départ obligé de toute analyse de cette journée. Il a comparé cette mobilisation, portée selon lui par une soixantaine de partis politiques, à celle réalisée en une seule journée par Grâce Kutino, jugeant le contraste éloquent.
Sur les accusations de violences policières formulées par l'opposition, Jean-Claude Tshilumbayi a rejeté toute responsabilité des forces de l'ordre, affirmant que l'intégralité de la scène avait été filmée, par des journalistes présents sur le terrain comme par des drones. Selon lui, ces images montreraient une police ayant non seulement encadré la manifestation mais l'ayant précédée, les quelques dizaines de manifestants mobilisés suivant les forces de l'ordre plutôt que l'inverse. Il a également évoqué les événements survenus à la 10e Rue, ainsi que des chants et des menaces proférés par des manifestants qui, selon lui, revendiquaient la conquête du quartier général de l'UDPS, un objectif qui, à ses yeux, n'avait rien à voir avec le motif initial de la marche, et dont certains chercheraient aujourd'hui à se servir comme excuse.
Le vice-président de l'Assemblée nationale s'est toutefois gardé de trancher sur l'origine des échauffourées, renvoyant cette question à des enquêtes qu'il a voulues indépendantes. « Ce n'est pas à nous de dire qui a attaqué qui. Nous souhaitons que des enquêtes indépendantes soient mises en place pour que les faits soient déterminés », a-t-il insisté, tout en condamnant « la violence de quelque côté qu'elle vienne ».
Revenant sur le fond politique de la mobilisation, il a rappelé qu'elle visait officiellement à protester contre le président Félix Tshisekedi, mais aussi, selon lui, à afficher un soutien à Paul Kagame et à Joseph Kabila dans la perspective de leur participation au dialogue national, une lecture que la population aurait, selon lui, clairement rejetée. Il a par ailleurs réaffirmé que le droit de manifester restait garanti en République démocratique du Congo, qualifiant le pays de démocratique et assurant que l'opposition conserverait toujours la possibilité d'obtenir une autorisation de marche. « Maintenant, il faut parler de la manifestation et de son échec. C'est ça l'actualité, pas le reste », a-t-il conclu.