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Marche du 15 septembre : à son tour, Martin Fayulu dénonce les "mensonges" du gouverneur de Kinshasa et réclame sa démission

Fayulu dans la foule

Lors du Space live organisé mercredi par Stanis Bujakera Tshiamala, l'opposant Martin Fayulu a vivement réagi au bilan communiqué la veille par le Gouvernement provincial de Kinshasa sur la marche du 15 septembre contre le changement constitutionnel, qualifiant ses auteurs d'« incompétents notoires » qui « débitent des mensonges comme s'ils respiraient ».

Dans un communiqué établissant le bilan provisoire, signé du Ministre provincial de la Sécurité publique, de la Justice et de l'Administration des collectivités territoriales, Jeanot Canon La Rose, l'exécutif provincial avait affirmé qu'aucun décès n'avait été enregistré, ni aucun dégât matériel, évoquant seulement « quelques blessés de part et d'autre », dont le Commissaire provincial de la Police, une « faible affluence » des manifestants et un départ retardé de près de trois heures faute de mobilisation. Le texte mentionnait également une tentative de franchissement du dispositif de sécurité au Parlement, ainsi que des « incidents mineurs » à Limete provoqués, selon lui, par des « quolibets et propos hostiles » de militants du C64 à l'endroit du chef de l'État. Le gouvernement provincial y saluait par ailleurs le « professionnalisme » de la police et l'« attitude exemplaire » des partisans du pouvoir présents sur l'avenue Triomphale.

Un bilan que Martin Fayulu conteste point par point. Sur l'absence de décès, il a cité le cas de Manassé Lombo Tobomengola, chargé de sécurité des ADD Congo, dont il affirme que le corps se trouverait à la morgue de Mabanga, à Yolo. Sur l'absence de dégâts matériels, il a évoqué son propre véhicule, selon lui « déchiqueté » par des éléments qualifiés de « Force du progrès », ainsi que des blessés hospitalisés « l'œil troué », invitant le gouverneur à mandater ses services pour recenser les victimes dans les hôpitaux plutôt que de nier les faits.

L'opposant a également rejeté l'explication d'une « faible mobilisation » avancée par les autorités, affirmant que ce sont les organisateurs, et non le gouverneur, qui ont fixé et déclenché l'heure de départ du cortège. Il accuse le gouverneur et le chef de la police de la ville, le général Kankou, d'avoir laissé, voire faciliter, l'intervention de « Kuluna » et d'éléments de la Force du progrès, qu'il dit avoir été payés par des fonds gouvernementaux pour s'en prendre aux marcheurs, tout en donnant instruction à la police de tirer des gaz lacrymogènes sur le cortège plutôt que de le protéger.

Il a livré un récit personnel de la marche, affirmant avoir vu à découvert un homme tenter de le frapper à la machette avant que son garde du corps ne s'interpose, subissant une blessure au dos dont le sang aurait giclé sur lui, donnant l'impression erronée qu'il avait lui-même été atteint. Il affirme aussi avoir vu des éléments de la Garde républicaine, chargés de la protection de Marthe Kasalu, mère du président Tshisekedi, sortir et tirer en l'air à la 10e rue pour repousser les manifestants.

Estimant que le gouverneur et plusieurs responsables provinciaux « devaient démissionner purement et simplement », Martin Fayulu a réclamé des excuses publiques au peuple congolais ainsi qu'à la plateforme C64, dont les représentants auraient été maintenus en réunion la veille de la marche jusqu'à 23 heures.

 


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