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RDC: « Il n’y a à mon avis, aucune raison à ce stade, de continuer à s’opposer à l’idée du dialogue » Patrick Muyaya 

Patrick Muyaya lors du panel de l'information à l'occasion du 10e anniversaire d'ACTUALITE.CD

La Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a organisé mercredi 16 septembre à Kinshasa, la deuxième édition de la Journée nationale Justice et Paix, placée sous le thème : « Investir pour une paix inclusive afin de bâtir une RDC plus juste, où règnent la compassion, l’égalité et la dignité pour tous et toutes ». 

Des panels ont été organisés afin de permettre aux participants de réfléchir et d’échanger sur les enjeux, les perspectives et les conditions d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo. Parmi les intervenants figurait Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement.

« J’ai eu l’occasion d’expliquer la vision du président de la République de ce dialogue, qu’il avait détaillée dans son discours du 27 août dernier, où il a fixé plus ou moins le cadre de ce pourquoi nous devons nous retrouver : pour les objectifs de paix, de cohésion nationale et de refondation de l’État », a-t-il déclaré. 

Alors que les appels à l’inclusivité du dialogue se multiplient, le porte-parole du gouvernement a également évoqué les différents cadres diplomatiques déjà engagés dans la recherche d’une solution à la crise sécuritaire qui sévit dans l’Est de la RDC.

Selon lui, les discussions menées à Washington et à Doha répondent à des dimensions spécifiques de la crise, tandis que le dialogue national envisagé devrait permettre de réunir les forces nationales autour des questions liées à l’avenir du pays.

« Et j’ai répondu aussi à une question qui se pose beaucoup, la question sur l’inclusivité. J’ai rappelé qu’il existait déjà des cadres, notamment à Washington ou à Doha, où nous discutions avec le Rwanda et les supplétifs de l’AFC/M23, mais que le président de la République a aussi donné une occasion à ceux qui veulent renoncer à ceux qui font cause commune avec l’ennemi aujourd’hui et qui veulent rejoindre le camp de la patrie, une opportunité est donnée ».

Patrick Muyaya défend ainsi l’idée d’un dialogue présenté comme pluriel et ouvert aux différentes composantes de la société congolaise.

« Donc, c’est un dialogue pluriel, qui doit partir de la base et qui doit être en mesure d’esquisser non pas seulement les solutions pour la paix que nous recherchons, mais aussi comment nous refondons notre pays et comment on assure la cohésion nationale pour qu’ensemble, tous les Congolais, où qu’ils se trouvent, quelle que soit leur couleur politique, puissent s’engager dans l’œuvre de la refondation de l’État », ajouté Muyaya. 

Par ailleurs, a insisté sur le caractère évolutif du processus, en s’appuyant sur l’expression « chemin faisant » évoquée lors des échanges précédents entre Félix Tshisekedi et les responsables des confessions religieuses. Évoquant l’ordonnance portant mise en place du comité préparatoire du dialogue, Muyaya estime que cette structure devra notamment permettre de recueillir et d’examiner les différentes préoccupations exprimées par les acteurs concernés.

« Il y a, à mon avis, aucune raison à ce stade qu’on puisse continuer à voir des gens s’opposer à l’idée du dialogue, parce que le dialogue, c’est un processus. Il a été lancé. Et donc, chemin faisant, certaines préoccupations des uns et des autres pourront être rencontrées», a affirmé le porte-parole du gouvernement.

Patrick Muyaya affirme enfin que les consultations avec les responsables religieux se poursuivent et que les rôles des différentes parties pourraient être précisés au fur et à mesure de l’évolution du processus.

« Le moment venu, les rôles des uns et des autres pourront être clarifiés pour que nous puissions tenir ce grand rendez-vous qui partira de la base et qui se terminera à Kinshasa », a-t-il rassuré.

Le pouvoir de Félix Tshisekedi met l’accent sur la dimension sécuritaire de la crise en RDC et sur le rôle attribué au Rwanda dans le soutien à l’AFC/M23. Il s’appuie notamment sur les cadres de Washington, pour les discussions avec Kigali, et de Doha, pour les pourparlers avec l’AFC/M23. En parallèle, le gouvernement défend l’idée d’un dialogue national destiné à renforcer la cohésion interne. Une partie de l’opposition réclame toutefois un processus plus inclusif, associant notamment les groupes armés impliqués dans le conflit, dont l’AFC/M23.

Clément MUAMBA


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