Le parti politique Ensemble pour la République, de l'opposant Moïse Katumbi, hausse le ton après l’interpellation de John Mbangu, coordonnateur de la Ligue des jeunes du parti dans le Grand Katanga. La formation politique dénonce une arrestation qu’elle qualifie de « kidnapping » et d’« enlèvement » et exige la libération immédiate et sans condition de son responsable.
D’après les informations communiquées par le parti, son coordonnateur de la jeunesse dans le Grand Katanga a été interpellé vendredi soir à Lubumbashi par des hommes en civil présentés comme des agents des services de sécurité.
Depuis cette interpellation, le parti affirme ne disposer d’aucune information précise sur le lieu où se trouve son responsable ni sur les éventuels griefs retenus contre lui.
Jean-Claude Muselwa, cadre d’Ensemble pour la République, a exprimé l’indignation de la formation politique et dénoncé ce qu’il considère comme un enlèvement.
« Nous prenons la parole avec beaucoup d'indignation pour dénoncer l'enlèvement de l'un des nôtres, le camarade John Mbangu, coordonnateur de la jeunesse d'Ensemble pour la République dans le Grand Katanga », a-t-il déclaré.
Le parti dénonce une contradiction avec les appels au dialogue
Pour Ensemble pour la République, cette interpellation intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, marqué notamment par les appels au dialogue national, à la paix et à la cohésion nationale.
Jean-Claude Muselwa estime qu’une arrestation liée aux opinions politiques d’un responsable de l’opposition serait incompatible avec cette dynamique.
« On ne peut pas accepter, pendant qu'on nous appelle au dialogue, on nous malmène avec des arrestations. On prône l'unité et la cohésion nationale et on arrête l'un des nôtres », a-t-il déploré.
Le parti considère ainsi cette affaire comme une atteinte aux libertés politiques et à la liberté d’expression.
Ensemble pour la République exige une libération sans condition
Dans son communiqué, la formation politique de Moïse Katumbi exige la « libération immédiate et sans condition » de John Mbangu. Elle demande également que toute la lumière soit faite sur les circonstances de son interpellation et sur son éventuel lieu de détention.
« Nous ne pouvons pas accepter qu'à cause de ses opinions, à cause de cela qu'il soit interpellé. Nous exigeons sa libération sans conditions », a insisté Jean-Claude Muselwa.
À ce stade, les circonstances précises de l’interpellation ainsi que les motifs officiellement retenus contre John Mbangu n’ont pas été précisés dans les éléments rendus publics par son parti.
Le cas John Mbangu s’inscrit, selon le parti, dans un contexte plus large
Dans son communiqué, Ensemble pour la République affirme que cette affaire intervient après celle de Stéphane Shisso, présenté comme un cameraman détenu au secret depuis plusieurs mois.
Le parti établit un parallèle entre les deux situations et dénonce ce qu’il présente comme une tendance à la répression des voix critiques dans le Haut-Katanga.
Il évoque notamment une violation présumée de l’article 18 de la Constitution, qui encadre les conditions d’arrestation et de détention et prévoit notamment la présentation de la personne arrêtée devant l’autorité judiciaire compétente dans les délais constitutionnels.
La formation politique de l’opposition dénonce également les débats autour d’une éventuelle modification de la Constitution, en particulier son article 220, dont elle réclame le strict respect.
Une précédente détention évoquée
L’affaire ravive également le souvenir d’une précédente détention de John Mbangu. Selon Ensemble pour la République, son responsable de la jeunesse aurait déjà séjourné à la prison de la Kasapa, à Lubumbashi.
Cette nouvelle interpellation suscite ainsi l’inquiétude au sein des structures du parti, notamment parmi ses jeunes militants dans le Grand Katanga.
José Mukendi