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Michel Bongongo : « L'envie d'avoir beaucoup d'argent au détriment de l'intérêt général », un mal inchangé depuis Mobutu 

Actualite.cd

Invité dimanche du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, le Professeur Michel Bongongo, plusieurs fois ministre et témoin de plusieurs décennies de vie politique congolaise, a livré une analyse sans concession des maux persistants de la gouvernance nationale.

Revenant sur son parcours, le Professeur Bongongo reconnaît devoir à Mobutu une part essentielle de sa formation professionnelle et politique, en particulier la valeur de loyauté envers les engagements pris, un principe qu'il dit ne jamais avoir trahi vis-à-vis des responsabilités qui lui ont été confiées.

Interrogé sur ce qui, selon lui, n'a jamais changé quel que soit le régime en place, l'ancien ministre pointe sans détour l'envie d'avoir beaucoup d'argent au détriment de l'intérêt général, un mal qu'il fait remonter à l'époque de Mobutu et qui perdure, dit-il, jusqu'à aujourd'hui. Il déplore que dans un pays à la richesse « fabuleuse », la population continue de croupir dans une paupérisation qu'il qualifie d'indigne, voire de « honte nationale ».

Le Professeur Bongongo établit un contraste marqué entre le Congo de sa jeunesse, qu'il décrit comme empreint de discipline, de moral et d'éthique, et le pays d'aujourd'hui, où la jeunesse se retrouve, selon lui, livrée à elle-même. Une situation qu'il juge non seulement regrettable mais dangereuse pour l'avenir du pays. Il appelle les aînés à redevenir des modèles, à l'image de son propre instituteur d'école primaire, dont l'influence l'a conduit, dit-il, à devenir professeur d'université.

L'ancien ministre dénonce par ailleurs la tendance historique des dialogues congolais à se refermer sur un cercle restreint de personnalités politiques qui se connaissent, s'affrontent, avant d'oublier la population une fois le pouvoir obtenu. Il plaide pour que le dialogue national actuel rompe avec cette logique, en permettant notamment à la jeunesse des provinces de se reconnecter aux réalités concrètes du pays et de développer une nouvelle prise de conscience citoyenne.

Sécurité et infrastructures : les deux défis prioritaires du pays

Enfin, interrogé sur le principal défi auquel fait face la RDC aujourd'hui, le Professeur Bongongo cite en premier lieu la sécurité, dénonçant l'état d'abandon dans lequel se trouvent les hommes et femmes de l'armée, des services de renseignement et de l'appareil judiciaire, pourtant formés, mais contraints de vivre dans des conditions misérables. Pour lui, il ne s'agit pas de réformer ces institutions « pour réformer », mais de leur donner de véritables moyens financiers, humains et matériels. Il évoque également, comme second défi majeur, l'état déplorable des infrastructures routières du pays, illustrant son propos par l'impossibilité actuelle de relier Kinshasa à Lubumbashi, ou même d'atteindre Goma, par la route.

 

 


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