Lors du Space live organisé vendredi 28 août 2026 par Stanis Bujakera Tshiamala, l'opposant Jean-Marc Kabund a réagi avec une sévérité non dissimulée au discours prononcé la veille par le président Félix Tshisekedi, annonçant la convocation d'un Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l'État. « C'est avec regret que j'ai écouté monsieur Tshisekedi prononcer les mots qu'il a eu à prononcer hier concernant les dialogues », a-t-il déclaré d'emblée, situant son propos dans la durée du mandat présidentiel entamé il y a cinq ans.
Pour l'ancien allié devenu opposant, le dialogue n'a jamais été une simple option politique, mais un « impératif catégorique » que lui et ses partisans réclament, selon ses termes, depuis longtemps. Il a rappelé que le chef de l'État et son entourage avaient longtemps nié l'existence d'une crise nationale justifiant une telle démarche, allant jusqu'à conditionner, par le passé, la tenue de dialogues au retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, une position qu'il interprète comme une manière de disqualifier par avance toute exigence de concertation nationale, au profit d'une lecture strictement militaire du conflit dans l'Est.
Kabund attribue le revirement du chef de l'État moins à une conviction propre qu'à un effet cumulé de pressions convergentes : la mobilisation populaire, celle de l'opposition, mais surtout celle des alliés régionaux de la RDC. Il a cité en particulier le président burundais Évariste Ndayishimiye, actuel président en exercice de l'Union africaine, dont il souligne la proximité géographique avec les zones de combats, évoquant une présence à « quinze, vingt kilomètres » des lignes de front sur les hauts plateaux d'Uvira, comme un facteur ayant pesé sur sa capacité à convaincre Kinshasa de la nécessité du dialogue. Il a également mentionné, sans davantage de détails, le rôle d'autres chefs d'État de la région, dont celui du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso.
Malgré cette annonce, Kabund reste critique sur le fond de l'intervention présidentielle, qu'il juge conforme à ce qu'il décrit comme une stratégie constante de gagne de temps de la part de Félix Tshisekedi. Il s'est dit surpris qu'un président dont le mandat doit s'achever par l'organisation d'élections à l'horizon 2028 semble, selon lui, agir comme s'il disposait d'un temps illimité pour agir.