Le Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD) a célébré, jeudi 20 août 2026, au Palais du Peuple à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, une décennie de formation des hauts cadres civils et militaires en stratégie, défense et sécurité.
La cérémonie a été marquée par la clôture de l’année académique 2025-2026 et l’ouverture de la session 2026-2027, en présence du Président de la République et Commandant suprême des FARDC, Félix-Antoine Tshisekedi, du Président burundais et Président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, du ministre de la Défense nationale du Congo-Brazzaville, Raymond Zéphirin Mboulou, représentant le président Denis Sassou-Nguesso, ainsi que du ministre de la Défense nationale et de la Reconstruction de l’armée de la République centrafricaine (RCA), Claude Rameaux Bireau, représentant le président Faustin-Archange Touadéra.
Au fil des années, le CHESD s’est progressivement imposé comme l’une des principales institutions congolaises de formation supérieure dans les domaines de la stratégie et de la défense. Dans son discours, le Chef d’état-major général des FARDC, le lieutenant général Jules Banza Mwilambwe, représenté à cette occasion par son adjoint chargé des opérations et du renseignement, le lieutenant général Jacques Ychaligonza Nduru, a salué l’engagement du Président de la République en faveur de la transformation de l’armée congolaise.
Pendant dix ans, a-t-il rappelé, les Forces armées, les polices et les gendarmeries de la République démocratique du Congo, du Bénin, du Burundi, du Cameroun, de la République centrafricaine, de la République du Congo, du Gabon et de la Guinée se sont succédé au Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense pour y suivre une formation en matière de stratégie de défense et de sécurité.
« À chaque fois, l’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo a suivi avec grand intérêt leur formation, voulant s’assurer que nos officiers formés soient de vrais acteurs voués à la poursuite de la paix et de la sécurité sur notre continent, lesquelles constituent le cœur de notre carrière d’hommes en uniforme. C’est pour cette raison que la formation au CHESD, qui culmine au sommet des institutions de formation, attire notre meilleure attention et bénéficie de notre accompagnement sans réserve » a déclaré le lieutenant général Jacques Ychaligonza Nduru, adjoint du Chef d’état-major général des FARDC chargé des opérations et du renseignement.
Dans le même registre, le lieutenant général Jacques Ychaligonza Nduru a affirmé que, depuis un certain temps, les cadres formés au CHESD offrent, à l’issue de leur formation, de meilleures prestations, grâce à une approche reposant sur une question qui les accompagne tout au long de leur parcours académique et constitue souvent la base de leurs analyses, de l’étude des dossiers et des propositions faites à leur hiérarchie.
« Je parle de la question : “De quoi s’agit-il ?” En effet, bien comprendre la nature d’un problème, les conditions et les circonstances qui entourent sa survenance constitue un début de sa solution. Dans le contexte d’aujourd’hui, marqué par différents défis, notamment la transformation des théâtres et des opérations liée à un usage accru de la technologie et de l’intelligence artificielle, les guerres devenues hybrides, le problème du développement intégral du continent qui reste étroitement lié à la sécurité, disposer de ressources humaines hautement professionnalisées reste un atout certain à avoir de son côté et un objectif plus que raisonnable pour nos structures de formation, en particulier celles qui se trouvent à leur sommet » a-t-il fait savoir lors de son intervention
Revenant sur la position stratégique de la République démocratique du Congo sur le continent africain, le lieutenant général Jacques Ychaligonza Nduru a estimé que cette position constitue une motivation supplémentaire pour réfléchir à la posture militaire que la RDC devrait adopter et aux ressources capacitaires nécessaires et appropriées à opposer à tout adversaire, afin de disposer de capacités suffisamment dissuasives.
« La République démocratique du Congo est un pays riche en ressources naturelles, disposant d’un vaste territoire entouré de neuf États voisins. Ces caractéristiques lui dictent une posture stratégique et un profil particulier de défense pour lesquels nous ne ménageons aucun effort dans la montée en puissance. À ce propos, il n’est que logique que l’on s’interroge sur la posture militaire que la RDC devrait se donner, sur les ressources capacitaires nécessaires et appropriées à opposer à tout adversaire ressources qui soient suffisamment dissuasives et qui garantissent notre succès », a déclaré le numéro deux des FARDC chargé des opérations et du renseignement.
Et de poursuivre :
« À cet effet, les Forces armées de la République démocratique du Congo sont engagées dans un processus de réforme pour se doter progressivement des outils et capacités nécessaires qui façonnent cette armée capable d’assurer la défense du territoire national contre toutes les formes de menaces, avec des capacités suffisantes de coercition face à tout adversaire qui menace nos intérêts nationaux. C’est pourquoi je me réjouis et ai pris bonne note des ambitions qu’affiche le CHESD. »
Pour appuyer son argumentaire, le numéro deux des FARDC a également cité les principales ambitions affichées par le CHESD :
« Contribuer à la sécurisation du territoire national de la République démocratique du Congo ; renforcer la qualité académique et scientifique de nos programmes ; développer une doctrine africaine de réflexion stratégique adaptée aux réalités du continent ; promouvoir la culture de l’anticipation et de la prospective stratégique ; renforcer la coopération avec les institutions similaires à travers le monde ; contribuer activement à la réalisation et à la consolidation de la paix, de la sécurité et du développement durable. »
Il a, à cette occasion, réaffirmé l’engagement de l’état-major général des FARDC à accompagner la réalisation de ces objectifs.
« L’état-major général apporte son appui et l’accompagnement nécessaires à la réalisation des objectifs du CHESD », a-t-il rassuré dans son discours
Cette activité intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant pour la République démocratique du Congo, marqué par la persistance des violences armées dans sa partie orientale et par l’évolution des formes de conflictualité sur le continent africain. La situation est notamment caractérisée par la poursuite des offensives du M23, soutenu par le Rwanda selon les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux, ainsi que par l’occupation de vastes zones dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette situation met davantage en évidence la nécessité, pour la RDC, de renforcer ses capacités de défense, de renseignement, d’anticipation et de réponse aux nouvelles formes de menaces, dans un environnement régional marqué par des enjeux géopolitiques et sécuritaires complexes.
Cette dynamique intervient également dans un contexte où les différentes initiatives diplomatiques et médiations engagées en vue de parvenir à une désescalade et à une solution durable à la crise dans l’Est du pays peinent encore à produire des résultats tangibles sur le terrain. D’où l’importance accordée à la formation des cadres militaires et civils en matière de stratégie, de défense et de sécurité, notamment à travers le Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD), appelé à contribuer à la réflexion stratégique et à l’anticipation des défis sécuritaires auxquels la RDC et le continent africain sont confrontés.
Cette activité intervient alors que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) poursuivent un processus de réforme visant à renforcer leurs capacités opérationnelles, leur professionnalisation et leur modernisation, afin de disposer d’une armée capable de défendre efficacement l’intégrité territoriale et les intérêts nationaux.
Clément MUAMBA