Répondant vendredi aux questions précises sur les modalités concrètes de la saisine de TikTok par le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC), le président Christian Bosembe a précisé lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala et co-animé avec Patient Ligodi que la démarche s'appuie sur une « passerelle » de dialogue existant de longue date entre régulateurs africains et grandes plateformes numériques, nouée notamment lors de rencontres internationales à Abidjan et au Sénégal.
Selon lui, le CSAC a adressé un courrier officiel à TikTok, dans la continuité d'échanges antérieurs où la plateforme avait déjà sollicité un lexique de mots-clés pour affiner ses algorithmes de modération. Il a situé la dernière initiative concrète il y a environ quatre jours, à l'occasion d'un forum international, précisant que l'entreprise avait elle-même relancé le CSAC après avoir suivi sa position dans une émission.
Sur le fond du dossier, Bosembe a nuancé le chiffre de 2 000 comptes visés, expliquant qu'il s'agit d'un objectif encore en cours de constitution, un travail de filtrage « à environ 40% » achevé, destiné à écarter toute confusion entre critiques légitimes du pouvoir et comptes accusés de propager des discours qu'il a qualifiés d'appels à la guerre ou de soutien à des mouvements terroristes.
Il a insisté sur le fait que le CSAC ne transmet pas de dossiers nominatifs identifiés par leur état civil, les utilisateurs n'utilisant souvent pas leur vrai nom, mais des identifiants et empreintes numériques, charge à TikTok de mener ses propres vérifications. Il a également affirmé, de façon notable, que la politique communautaire de TikTok ne serait pas en profonde contradiction avec la législation congolaise, revendiquant pour son pays le statut de « République sérieuse avec des lois sérieuses ».