Le ministre de l’Intégration régionale de la République démocratique du Congo, Floribert Anzuluni, poursuit sa tournée diplomatique. Il a été reçu, lundi 5 octobre 2026 par le Président ougandais, Yoweri Kaguta Museveni au Palais présidentiel d’Entebbe, en Ouganda. Selon la cellule de communication du ministère de l’Intégration régionale, cette rencontre, tenue à huis clos, s’inscrit dans le cadre de la tournée diplomatique consacrée au processus de paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Porteur d’un message "spécial" du Président Félix-Antoine Tshisekedi, Floribert Anzuluni s’est rendu en Ouganda en qualité d’Envoyé spécial du Chef de l’État. Il était accompagné de Sumbu Sita Mambu, Haut représentant du Président de la République. Les échanges entre les deux responsables ont principalement porté sur les efforts en cours pour parvenir à une paix durable dans l’Est de la RDC. La question des FDLR figurait notamment parmi les sujets abordés, ces dernières étant considérées par Kigali comme une menace pour sa sécurité.
Cette question constitue également l’un des engagements pris par Kinshasa dans le cadre du processus de Washington, qui a conduit à la signature de l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, sous l’égide des États-Unis d’Amérique.
« Cette étape s’inscrit dans le cadre des échanges avec les partenaires régionaux de la RDC, dont l’Ouganda, autour des avancées importantes enregistrées depuis la publication, en juillet dernier, du protocole de reddition volontaire des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), conformément à l’accord de paix signé entre la RDC et le Rwanda sous la médiation américaine » explique le ministère de l’Intégration régionale
Au cours de cette rencontre, qui intervient après les étapes de Lomé, Brazzaville, Luanda et Bujumbura, le ministre Floribert Anzuluni a également présenté au Président Yoweri Museveni la feuille de route relative aux prochaines étapes de la mise en œuvre de ce protocole jusqu’à son aboutissement
L’accord de paix signé à Washington sous les auspices des États-Unis d'Amérique entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda prévoit notamment la neutralisation des FDLR et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Plus d’un an après sa signature, Kinshasa a annoncé un protocole visant le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des FDLR
Kigali conteste cette démarche, estimant que l’accord prévoit la neutralisation des FDLR et non la mise en place d’un protocole spécifique de désarmement, de démobilisation et de cantonnement. Kinshasa défend, de son côté, le désarmement volontaire comme moyen de neutraliser durablement le groupe armé et de lever l’argument sécuritaire invoqué par Kigali pour justifier sa présence sur le sol congolais
Au Conseil de sécurité de l’ONU, au mois de juin, les États-Unis, par la voix de Massad Boulos, ont reconnu des difficultés dans l’application de l’accord et appelé les deux parties à respecter leurs engagements. La persistance des violences, les accusations réciproques de violations du cessez-le-feu et les divergences d’interprétation continuent de freiner le processus de paix, tandis que les populations civiles restent les principales victimes des hostilités
Clément MUAMBA