À l’entrée du quartier Lumumba, dans la commune de Matete, à Kinshasa, une montagne d’immondices s’étend jusqu’aux abords du boulevard portant le nom de Patrice Emery Lumumba, premier Premier ministre de la République démocratique du Congo.
Devenue une décharge à ciel ouvert, cette accumulation de déchets se trouve à proximité du bureau de cinq quartiers de Matete — Lumumba, Banunu I et II, Kwenge I et II — ainsi que d’un poste de la Police nationale congolaise (PNC). Elle offre une image peu reluisante de la capitale aux touristes en provenance de l’aéroport international de de N'djili.
Haute de plus de dix mètres, cette montagne est constituée, à l’origine, de tonnes de sable qu’une entreprise de construction y déversait entre 2024 et 2025. Aujourd’hui, des papayers et diverses herbes sauvages poussent à son sommet, témoignant de l’ancienneté de cette accumulation.
Bordant une partie du boulevard Lumumba et une voie donnant accès au rond-point Banunu, cette décharge est composée notamment de bouteilles en plastique, de sachets et d’autres déchets entassés dans des sacs. Elle dégage des odeurs nauséabondes qui incommodent les usagers de la route.

Au passage des véhicules, certains automobilistes remontent leurs vitres, tandis que des piétons se couvrent le nez et la bouche pour se protéger des effluves. Les déchets se sont également répandus jusque dans le caniveau, aggravant l’insalubrité des lieux.
Malgré cette situation préoccupante pour l’environnement et la santé publique, le site continue de recevoir des déchets ménagers. Lors de notre passage, plusieurs habitants ont été aperçus en train d’y déposer des sacs remplis d’ordures, au vu et au su des policiers présents sur les lieux.
La nuit, l’endroit présente également des risques pour la sécurité des passants. Déjà encombré par des véhicules poids lourds et dépourvu d’éclairage, le site est décrit comme un lieu propice aux actes de banditisme, notamment aux extorsions, aux vols à la tire et aux violences physiques.
Cette décharge à ciel ouvert soulève ainsi la question de la gestion des déchets dans la capitale, mais aussi celle de la protection des usagers d’un axe routier fréquenté par de nombreux automobilistes et piétons.
Samyr LUKOMBO