Des coups de feu ont été entendus dans la nui de dimanche à ce lundi 21 septembre 2026 au site des déplacés de Kigonze, situé au quartier Mudzi-Pela, dans la commune Shari, à Bunia. Ces tirs sont intervenus lors d’une nouvelle opération de bouclage menée par des militaires, selon des sources locales.
D’après les informations recueillies, des militaires ont investi le site vers 3 heures du matin dans le cadre d’une opération visant notamment à rechercher et interpeller des personnes suspectées parmi les déplacés. Des tirs auraient ensuite été effectués pour disperser certains occupants qui auraient opposé une résistance.
Selon les mêmes sources, les coups de feu se sont poursuivis durant la journée de dimanche avant de reprendre dans la nuit et de se faire encore entendre sporadiquement ce lundi matin.
Des déplacés auraient quitté temporairement le site, craignant pour leur sécurité. Des cas de blessés et de morts, notamment attribués à des balles perdues, sont également rapportés, mais ce bilan reste provisoire et n’a pas été confirmé par une source officielle.
Charité Banza Bavi, coordonnateur de la société civile de la chefferie des Bahema Nord, affirme qu’il s’agit du quatrième bouclage effectué dans ce site. Il rappelle qu’une précédente opération, menée le 6 septembre, avait déjà fait, selon les informations en sa possession, un mort et quatre blessés graves.
« Nous plaidons auprès de son Excellence Monsieur le Gouverneur de la province de l’Ituri pour le retrait des militaires de ce site, car les déplacés sont pour le moment en débandade totale et ne savent où aller », alerte Charité Banza Bavi.
Il dit particulièrement craindre pour les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les malades contraints, selon lui, de chercher refuge ailleurs.
Pour leur part, certaines sources parmi les déplacés affirment qu’un ultimatum aurait été donné aux occupants du site pour quitter les lieux, soit en regagnant leurs villages d’origine, soit en s’intégrant dans la communauté locale. Cette information n’a toutefois pas encore été confirmée par les autorités.
Jusqu'à présent, les autorités militaires et administratives n’ont pas encore communiqué officiellement sur l’opération, ses objectifs, le nombre éventuel d’interpellations ou le bilan des incidents.
La situation reste donc à suivre, dans l’attente d’une communication officielle permettant d’établir les faits et le bilan.
Freddy Upar, à Bunia