You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.
Catégorie

Détention de Shadary et Minaku : « ils sont dans des endroits où leurs femmes pouvaient leur rendre visite. Depuis deux mois, toute visite est interdite » (Avocat)

De Gauche à droite: Ramazani Shadary, Tshikez Diemu et Aubin Minaku

Cela fait pratiquement 8 mois que Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku, opposants et proches de Joseph Kabila, restent secrètement détenus après leur arrestation nocturne dans des conditions quasi similaires à Kinshasa. Jusqu'à preuve du contraire, aucune procédure judiciaire n'a été ouverte à leur encontre.

Lors d’un space X animé lundi par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l'ancien conseiller spécial en matière de sécurité de l’ex président de la République, Me Jean Mbuyu, de surcroît président du collectif des avocats de ces deux hauts cadres du PPRD a indiqué que ces derniers ne se retrouvent ni à la prison militaire de Ndolo, encore moins dans la redoutable prison de Makala.

Il a plutôt affirmé que Shadary et Minaku sont gardés dans des endroits où seules leurs femmes avaient droit de leur rendre visite « une fois par semaine ».

« Depuis deux mois, toute visite, même par leurs épouses, n’est accordée. Même nous les avocats du collectif, aucun n’a eu la possibilité de se rendre dans les endroits où ils sont détenus. On ne les a jamais vus depuis sept mois. Nous sommes dans une situation où nous ne savons pas à quel saint se vouer », s’est-il plaint.

Dans la foulée de son explication, Me Jean Mbuyu, a indiqué que le collectif des avocats de ces deux anciens dignitaires avait même saisi le ministre de la justice pour avoir des éclairages sur les détenus, mais sa réponse était sans appel : « ils ne sont pas à ma disposition ».

« Les autres autorités de la justice, dont la cour militaire et la justice régulière civile, aucune n’est légalement saisie de leur situation. C’est ce qui fait qu’on est dans une situation comme devant un mur, sans interlocuteur. On ne sait pas où ils sont, on galvaude comme ça avec des informations de gauche à droite…», relate-t-il, comparant le sort réservé à Aubin Minaku et Ramazani Shadary à celui que subit le pasteur Ngoy Mulunda, ancien président de la CENI, exfiltré de la Zambie puis détenu à Kinshasa sans jugement.

Au mois d’avril dernier, l’ONU, à travers son Bureau Conjoint des Droits de l’Homme (BCNUDH), avait publié un rapport révélant le maintien, depuis janvier, d’un total de 42 membres des partis politiques, dont des opposants. D’après le document, ces personnes arrêtées par des services de renseignement et par la justice militaire, dont la plupart étaient issues des partis Ensemble pour la République de l’opposant en exil Moïse Katumbi et du PPRD de l’ancien président de la République Joseph Kabila, sont détenues dans la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa, d’autres écrouées «dans de nombreux cachots clandestins gérés par le Conseil National de Cyberdéfense» (CNC), institution rattachée à la présidence de la République et pointée pour pas mal d’abus à l’encontre des opposants.

En juin dernier, l’ONG internationale Human Right Watch, qui elle aussi accusait Kinshasa d’user du CNC pour traquer des opposants, avait invité les autorités congolaises à remettre les opposants détenus secrètement à la disposition de la justice. Requête qui n’a obtenu aucun écho du gouvernement de Kinshasa.

Samyr LUKOMBO