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Dialogue national : à l’ONU, Kinshasa tend la main aux Congolais réticents et insiste qu’aucun dialogue intérieur ne saurait transformer une agression extérieure en simple différend domestique 

Judith Suminwa

La question du dialogue national en République démocratique du Congo s’est invitée, mercredi 23 septembre 2026, dans l’intervention de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, tenue à New York, aux États-Unis d’Amérique, autour du thème : « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous ».

Représentant le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, la cheffe du gouvernement congolais a présenté le dialogue national comme l’un des volets de la recherche de la paix et du renforcement de la cohésion nationale. Cette intervention intervient alors que le projet de dialogue national lancé par Félix Tshisekedi fait l’objet de discussions et suscite des divergences au sein de la classe politique congolaise.

Le Président avait annoncé l’ouverture d’un Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, présenté par la Présidence de la République comme un processus destiné notamment à traiter les causes structurelles de l’instabilité du pays. Pour Judith Suminwa, la recherche de la paix dans la sous-région doit être accompagnée d’un effort interne visant à renforcer l’unité nationale.

« Et parce que la paix recherchée dans la sous-région doit également aller de pair avec la cohésion au sein de notre Nation, le Président de la République démocratique du Congo a lancé, le 28 août dernier, un Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », a déclaré la Première ministre Judith Suminwa Tuluka lors de son intervention.

La Première ministre a ensuite précisé le cadre dans lequel le gouvernement entend inscrire cette démarche. Selon elle, le dialogue doit réunir les forces politiques et sociales attachées à certains principes fondamentaux liés à l’État et à la République. Selon les éléments avancés par Félix Tshisekedi lors du lancement du processus, ce processus devait être limité à une durée maximale de trois mois et aboutir à l’adoption d’un Pacte national assorti d’une stratégie de mise en œuvre.

« Ce dialogue est ouvert aux forces politiques et sociales attachées à la République, à la Constitution, à l’intégrité du territoire et au rejet de la violence. Il ne vise ni à contourner les institutions ni à organiser un partage de pouvoir. Il doit nous permettre de traiter les causes structurelles de nos fragilités, de consolider l’unité nationale et de bâtir un État plus juste, plus présent et plus protecteur », a fait remarquer la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Depuis New York, Judith Suminwa, qui s’exprimait au nom de Félix Tshisekedi, a également appelé les acteurs congolais favorables à la paix et au débat républicain à participer au processus. La Première ministre a ainsi présenté le dialogue comme un espace destiné à permettre aux Congolais de discuter de leurs propres fragilités, tout en maintenant une distinction entre les problèmes internes et la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

Dans son discours, Judith Suminwa a également établi un lien entre la crise sécuritaire dans l’Est et la nécessité de renforcer la cohésion nationale.

« Notre main demeure tendue à tous les enfants du Congo qui choisissent la paix, le débat républicain et la loyauté envers la patrie. Nous parlerons entre Congolais avec franchise et responsabilité. Mais aucun dialogue intérieur ne saurait transformer une agression extérieure en simple différend domestique. De même, aucune agression extérieure ne doit nous dispenser de corriger pnos propres faiblesses », a affirmé la cheffe du gouvernement, Judith Suminwa Tuluka.

Pour la cheffe du gouvernement, la défense de l’intégrité territoriale et le renforcement de la cohésion nationale doivent être considérés comme deux dimensions complémentaires de l’action de l’État. Au-delà de la recherche d’un accord politique interne, Judith Suminwa a également élargi sa réflexion à la question du développement et de la gestion des ressources naturelles.

« La cohésion nationale et la défense de l’intégrité territoriale ne s’opposent pas : elles se renforcent mutuellement. Car la paix que nous recherchons ne saurait se limiter à la cessation des hostilités. Elle doit aussi permettre à notre pays de reprendre pleinement possession de son avenir, en transformant les richesses qui ont trop longtemps alimenté les conflits en instruments de développement et de prospérité partagée »,  a souligné Judith Suminwa Tuluka.

Le format du dialogue national, présenté par le pouvoir comme un mécanisme destiné à renforcer la cohésion nationale et à accompagner les efforts de paix, notamment dans le cadre des processus de Washington et de Doha, suscite des divergences au sein de la classe politique congolaise. Du côté de l’opposition et de certains acteurs politiques, des appels ont été lancés en faveur d’un processus plus inclusif, notamment sur la composition des participants, les modalités du dialogue et les garanties de neutralité du processus.

À l’inverse, le pouvoir défend un dialogue destiné aux forces politiques et sociales attachées à la République, à la Constitution, à l’intégrité territoriale et au rejet de la violence. Dans cette approche, les acteurs impliqués dans la lutte armée sont considérés comme relevant des mécanismes de paix et de négociation mis en place dans le cadre du processus de Doha. Pour Kinshasa, le dialogue national doit ainsi être piloté par les institutions de la République et se concentrer sur les questions internes relatives à la cohésion nationale, à la gouvernance et à la refondation de l’État.

Sur le plan institutionnel, Félix Tshisekedi a signé l’ordonnance portant mise en place du Comité préparatoire chargé de préparer les assises du dialogue national. La prochaine étape consiste à désigner les animateurs de ce comité afin de lancer effectivement le processus. Ce processus est appelé à se dérouler progressivement, en partant de la base avant de remonter vers les instances nationales.

Clément MUAMBA

 


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