Invité samedi du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, aux côtés du président de la CNDH, Paul Nsapu, l'opposant Martin Fayulu (ECiDé) est revenu sur le projet de dialogue national inclusif annoncé par le président Félix Tshisekedi, ainsi que sur l'ultimatum fixé au 15 août par la Coalition Article 64 (C64).
Le leader de l'ECiDé a rappelé que la C64 réclame ce dialogue « depuis longtemps », autour de trois exigences non négociables : « Non à la balkanisation de notre pays, la RDC. Non au changement de la Constitution. Et oui au dialogue national inclusif. » Selon lui, ces assises doivent permettre de « discuter de tous les problèmes qui concernent le Congo » et d'en traiter « les causes profondes ».
Martin Fayulu a averti que, si aucune convocation n'intervenait avant le 15 août, la Coalition « reprend ses activités ». Il s'est montré, en outre, déterminé, affirmant que le mouvement se poursuivrait « même s'il y a des exactions qui vont venir plus tard » que la CNDH « ne pourra plus attester », le peuple congolais étant, selon lui, « vent debout » pour se « libérer de la dictature ».
Sur la question du format des futures assises, il a renvoyé à son expérience de la Conférence nationale souveraine, se disant confiant dans la capacité de « nos pères spirituels », citant nommément la CENCO et le Centre catholique (CC), à en régler les modalités.
L'opposant a par ailleurs plaidé pour une participation élargie à l'ensemble des protagonistes de la crise congolaise, y compris les groupes armés. Il a explicitement cité le M23, rappelant que le gouvernement le combat directement et qu'il constitue, à ce titre, un « belligérant » devant, selon lui, être associé aux discussions au même titre que la société civile, les partis au pouvoir et ceux de l'opposition. Il a également nommément interrogé l'absence prévisible de Thomas Lubanga et d'autres figures similaires : « Pourquoi ne seraient-ils pas là ? »
Martin Fayulu a conclu en réaffirmant que le pays « n'appartient pas à un individu » et ne saurait être « balkanisé », dénonçant ceux qui, selon lui, instrumentalisent « la misère, la souffrance [et] les morts des Congolais » à des fins personnelles.