Intervenant ce mardi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, l'opposant Delly Sesanga a réaffirmé son rejet total de la légitimité de la Cour constitutionnelle.
"Politiquement parlant, cette Cour, calibrée par Monsieur Tshisekedi pour être aux ordres, nous n'attendons rien de cette Cour. Ce qu'elle va raconter ne nous engage pas", a-t-il affirmé, jugeant l'institution "constituée de manière irrégulière" et appelant à la sortir purement et simplement du schéma politique de la C64.
Pour lui, l'exigence de fond reste la même quelle que soit l'instance concernée : que chacun, du président de la République au moindre député en passant par les membres de la Cour, se place "en dessous de la loi" et non au-dessus.
"Cette Cour constitutionnelle est constituée de manière irrégulière. Je l'ai toujours dit, elle n'est pas légitime. Et donc si elle est là pour perpétrer le coup d'État, ça n'engage personne", a-t-il insisté.
Delly Sesanga a par ailleurs mis en garde le pouvoir, formulant un principe simple : "Monsieur Tshisekedi, il veut la paix, il doit cultiver la paix. Il veut qu'on discute, on discute. Il veut de la provocation, le peuple congolais va se lever." Il a dans le même temps appelé les Congolais à la patience, refusant que le report de la marche du 22 juillet soit interprété comme un renoncement : "Il ne faut pas fatiguer le peuple congolais en lui disant : parce qu'on n'a pas fait le 22, et donc après on ne peut pas faire."
L'opposant a enfin insisté sur le caractère progressif de la démarche engagée par la C64, s'appuyant sur la médiation des Églises et des chefs d'État de la sous-région, et écartant toute lecture binaire du processus en cours :
"Ce n'est pas une solution univoque qui se fait en un coup, deux temps, trois mouvements, en disant : oui on fait ça, si on n'a pas fait ça, donc le reste s'effondre. Non."
Dans son discours à la nation prononcé à l'occasion de la fête de l'indépendance, le président Félix Tshisekedi a abordé la question de la loi référendaire adoptée par les deux chambres du Parlement, au cœur d'une vive controverse politique.
Sans se prononcer sur le fond, il a défendu la légitimité institutionnelle du processus, rappelant que le Parlement « débat, délibère et légifère » dans le cadre normal du fonctionnement des institutions.
Il a annoncé avoir déféré la loi à la Cour constitutionnelle pour examen de sa constitutionnalité avant toute promulgation éventuelle, conformément à l'article 160, alinéa 3, de la Constitution.