À l'issue de sa visite dans la province de l'Ituri, épicentre de la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola, le directeur régional de l'UNICEF pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, Gilles Fagninou, a lancé un appel à une mobilisation accrue des partenaires afin de renforcer la riposte et d'éviter une aggravation de la situation sanitaire dans cette partie du pays, déjà confrontée aux conflits armés et aux violences dans l'est de la République démocratique du Congo.
Dans un message publié par l'UNICEF, dont un exemplaire est parvenu à la rédaction de ACTUALITE.CD jeudi 16 juillet 2026, le responsable de l'UNICEF a rappelé que les moyens techniques pour contenir l'épidémie existent déjà, mais que leur déploiement à grande échelle reste limité par un important déficit de financement. Selon lui, seuls 25 % des financements requis sont actuellement disponibles, alors que l'UNICEF a besoin de près de 71 millions de dollars pour mettre en œuvre son plan de réponse de six mois.
« J'appelle à une mobilisation urgente des ressources. Nous savons comment stopper cette épidémie. Le défi n'est pas l'absence de solutions, mais le manque de financements pour les déployer à l'échelle nécessaire. L'UNICEF a rapidement mobilisé ses propres ressources et bénéficie du soutien précieux de plusieurs partenaires. Pourtant, seulement 25 % des financements requis sont aujourd'hui disponibles. Alors que le virus progresse, les ressources ne suivent pas le même rythme » a déclaré Gilles Fagninou.
Selon lui, cette insuffisance de ressources risque de compromettre les efforts engagés sur le terrain, notamment en matière de prévention, de surveillance, de sensibilisation des communautés et de protection des enfants et des familles les plus exposés. Le directeur régional de l'UNICEF a également insisté sur l'importance d'une réponse collective associant les autorités congolaises, les partenaires humanitaires, les bailleurs de fonds et les communautés locales.
« Contenir cette épidémie est à notre portée. Cela exige une action collective renforcée, une riposte accélérée et une solidarité internationale durable aux côtés du gouvernement et des communautés touchées » a-t-il souligné.
Une épidémie de maladie à virus Ebola en RDC et en Ouganda a été confirmée le 15 mai 2026 dans la province de l'Ituri, dans l'est de la RDC, avant d'être déclarée urgence de santé publique de portée internationale par l'Organisation mondiale de la santé le 17 mai 2026. Dès le lendemain, l'UNICEF avait mobilisé plus de 55 tonnes de fournitures d'urgence, tandis que des cargaisons supplémentaires sont arrivées à Bunia à partir du 28 mai 2026. À ce jour, quelque 165 tonnes de fournitures ont été livrées.
Il s'agit de la 17e épidémie d'Ebola que connaît la RDC. Forte de son expérience acquise lors des précédentes épidémies, l'UNICEF affirme savoir comment lutter efficacement contre cette nouvelle flambée. Toutefois, estime l'agence des Nations unies, un soutien financier nettement plus important est nécessaire de toute urgence pour intensifier les efforts de riposte.
Le 4 juin 2026, face à l'augmentation du nombre de cas confirmés sur une zone géographique plus étendue, l'UNICEF avait élargi son plan d'intervention de six mois et revu à la hausse ses besoins de financement, les faisant passer de 50 millions de dollars à près de 71 millions de dollars. Ce plan vise à instaurer la confiance afin de stopper la transmission du virus, à briser les chaînes de contamination, à détecter rapidement les cas communautaires et à intervenir plus efficacement, à protéger les enfants au-delà de la seule réponse à Ebola, ainsi qu'à coordonner les actions avec les gouvernements et les autres partenaires au-delà des frontières et des secteurs, malgré d'importants défis opérationnels. Le plan d'intervention de six mois de l'UNICEF en RDC cible 3,7 millions de personnes.
Deux mois après le début de l'épidémie, la situation évolue différemment selon les pays touchés. Alors que l'Ouganda, qui est parvenu à maîtriser la flambée sur son territoire, a entamé son compte à rebours vers la déclaration officielle de la fin de l'épidémie, malgré les risques persistants de contamination, la RDC reste confrontée à d'importants défis.
En RDC, la riposte, malgré l'expérience acquise au cours des seize précédentes épidémies, est notamment perturbée par les mouvements de grève des prestataires et des professionnels de santé, qui réclament une meilleure prise en charge de leurs revendications. À ces difficultés s'ajoutent des contraintes sécuritaires persistantes dans plusieurs zones affectées, compliquant le déploiement des équipes de réponse, dans un contexte où l'épidémie continue de gagner du terrain
Clément MUAMBA