Huit ans après le lancement officiel des travaux de la nouvelle aérogare de N'Djili, le dossier reste entier. Invité jeudi soir du live Space de Stanis Bujakera Tshiamala sur X, l'opposant et ancien vice-Premier ministre aux Transports José Makila Sumanda a livré sa version des faits, rejetant toute responsabilité dans le blocage du chantier et mettant directement en cause le président Félix Tshisekedi.
Makila a rappelé qu'à son arrivée au ministère des Transports, il avait repris un dossier déjà avancé par la Régie des voies aériennes (RVA), mais sans financement. C'est lui qui aurait obtenu l'accord d'Eximbank pour un financement de 300 millions de dollars, la participation de l'État congolais étant fixée à 54 millions. Sur ce montant, 20 millions avaient été débloqués pour permettre le démarrage des travaux, auxquels l'entreprise chinoise aurait ajouté 10 millions de ses propres fonds, selon ses déclarations.
« Les travaux étaient au niveau des terrassements et de la base-vie », a-t-il précisé, décrivant l'état du chantier à son départ du gouvernement. Il affirme avoir ensuite interpellé son successeur Didier Manzenga au Sénat et transmis le dossier au sénateur Guy Loando (actuel ministre des Relations avec le parlement) pour qu'il poursuive le suivi parlementaire.
C'est après son départ, dit-il, que la situation aurait dérapé. Makila accuse le président Tshisekedi d'avoir rompu unilatéralement le contrat avec l'entreprise chinoise pour l'attribuer à une société turque, sans appel d'offres, faisant tripler le coût du projet.
« D'un marché de trois cent cinquante-quatre millions, on est allé à un milliard trois cents millions. Pourquoi a-t-il rompu ce contrat avec les Chinois ? C'est à Tshilombo qu'il faut poser la question. Pourquoi a-t-il attribué ce marché aux Turcs sans appel d'offres ? C'est à lui de rendre compte aux Congolais », a-t-il lancé.
Sur les 20 millions décaissés sous sa gestion, Makila a nié tout détournement : « aucune responsabilité. Et je le dis très aisément parce qu'aujourd'hui, ce ne sont pas les gens de ma famille politique qui dirigent la RVA. Ils peuvent contrôler, ils peuvent voir. »
Il a, par ailleurs, révélé l'existence d'un audit diligenté sous le gouvernement Tshisekedi par les ministres Nicolas Kazadi et Chérubin Okende, ainsi que l'Inspecteur général des finances Jules Alingeti, dont les conclusions n'auraient jamais été rendues publiques, mais qui l'aurait innocenté. Ces affirmations n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.