Adoption de la loi sur le référendum en RDC: Sama Lukonde évoque la souveraineté populaire et un texte historique attendu depuis 20 ans

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Sama Lukonde, Premier Ministre congolais

Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, président du Sénat, s’est exprimé ce lundi 15 juin à l’issue de l’adoption, en seconde lecture et en des termes non identiques à ceux de l’Assemblée nationale, de la proposition de loi sur le référendum en République démocratique du Congo.

Sur les 109 sénateurs qui composent la chambre haute du Parlement, 89 ont pris part au vote et ont tous voté pour. Aucun vote contre ni abstention n’a été enregistré. Le Sénat a ainsi adopté à l’unanimité la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en RDC, un motif de fierté pour le président de la chambre haute du Parlement.

" Cela mérite effectivement d’être applaudi, parce qu’il aura fallu attendre vingt ans depuis la Constitution du 18 février 2006 pour qu’un Parlement, composé de l’Assemblée nationale et du Sénat, en toute responsabilité, prenne acte d’un texte fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo et les conditions dans lesquelles le peuple peut s’exprimer dans le cadre de sa souveraineté ", a déclaré le président du Sénat Sama Lukonde Kyenge. 

À l’Assemblée nationale, l’adoption de ce texte s’est faite sans la participation des députés nationaux de l’opposition. Ces derniers y voient une manœuvre du pouvoir en place visant, selon eux, à ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle susceptible de prolonger le mandat de Félix Tshisekedi à la tête du pays. Dans un contexte où le chef de l’État est à son second et dernier mandat constitutionnel, appelé à s’achever en 2028.

Du côté de la majorité parlementaire, les élus insistent sur le fait que le texte en discussion vise uniquement à doter la RDC d’un cadre légal permettant au peuple de se prononcer sur des questions majeures de la vie nationale. Cette proposition de loi, déposée le 14 décembre 2024 par le député Paul-Gaspard Ngondankoy, vise, selon son auteur, à combler un vide juridique et à adapter le cadre légal du référendum aux exigences de la Constitution en vigueur.

Face à cette situation et à la suite de la journée « ville morte », l’opposition réunie au sein de la coalition C64 a annoncé une activité de protestation devant le Palais du Peuple, siège du Parlement congolais, et prévoit d’intensifier ses manifestations dans les prochains jours.

Clément MUAMBA