Kamitatu avertit Tshisekedi : en cassant la Constitution, il se prive de sa propre protection

Félix Tshisekedi
Félix Tshisekedi

Invité principal du Space live animé ce lundi par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Olivier Kamitatu, directeur de cabinet de Moïse Katumbi, a appelé les Congolais à résister au projet de changement constitutionnel, tout en adressant un avertissement personnel au chef de l'État.

Interrogé sur les méthodes de mobilisation à adopter, Kamitatu a reconnu que la résistance de 2016 contre le président Kabila garde toutes ses leçons : unité, mobilisation pacifique et pression internationale. Mais le contexte a changé, a-t-il insisté. « Le pays est en guerre. Ce n'était pas le cas en 2016 », a-t-il rappelé, imputant directement cette détérioration à la responsabilité de Félix Tshisekedi. 

La riposte doit donc rester dans les limites du droit et de la vérité. « On ne combat pas la dictature en lui empruntant ses armes », a-t-il tranché, citant l'article 64 de la Constitution qui fait de chaque citoyen un acteur ayant le devoir de s'opposer à tout changement inopportun de la loi fondamentale.

Sur le fond, Kamitatu a été catégorique : la Constitution n'appartient à aucun camp. « Elle n'est pas à vendre à une majorité, quelle qu'elle soit », a-t-il affirmé, rappelant qu'elle constitue le socle commun sur lequel la RDC a été reconstruite après des décennies de conflits.

Mais c'est son avertissement final qui a donné le ton le plus saisissant de l'intervention. Kamitatu a soutenu que la Constitution protège Tshisekedi lui-même plus que quiconque, en tant que chef de l'État au sommet de la pyramide institutionnelle. « Quand vous cassez le verrou de la porte d'entrée de votre maison, il ne faut pas vous étonner que des gens non invités entrent et vous en chassent », a-t-il imagé. En détruisant ce cadre juridique, le président prendrait ainsi le risque de se retrouver sans aucune protection le jour où d'autres voudraient, à leur tour, s'emparer du pouvoir par la force.