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Ebola: « Plus les gens arriveront tôt, moins on aura de décès » prévient la Première ministre Judith Suminwa à Kisangani

Photo d'illustration

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a salué les efforts engagés par le gouvernement de la République démocratique du Congo depuis le début de la lutte contre la maladie à virus Ebola, tout en appelant à une mobilisation accrue pour contenir la propagation de l’épidémie. Elle l’a fait savoir ce jeudi 23 juillet 2026 lors de son déplacement à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, nouvellement touchée par cette épidémie qui sévit en RDC.

Face aux défis liés à cette nouvelle flambée épidémique, la cheffe du gouvernement estime que les actions menées avec l’appui des partenaires offrent des perspectives encourageantes. Réagissant au bilan actuel depuis le début de l’épidémie, notamment au regard du nombre de personnes guéries, Judith Suminwa Tuluka estime que ces résultats donnent de l’espoir et démontrent que la situation est prise en charge par les autorités.

« Ça donne véritablement de l’espoir et montre que cette question est aujourd’hui bien prise en charge avec l’appui de nos partenaires. Nous travaillons ensemble et un important travail est en cours de finalisation afin d’assurer non seulement la prise en charge de la riposte au niveau des épicentres de la maladie, mais aussi de nous assurer que la maladie ne se répande pas » a déclaré Judith Suminwa Tuluka devant la presse.

La Première ministre a insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance épidémiologique, notamment aux différents points d’entrée et de sortie du territoire. Elle a évoqué la mise en place d’un dispositif spécifique le long du fleuve Congo afin de limiter les risques de propagation.

« Nous devons contrôler au niveau des points d’entrée et de sortie, y compris tout au long du fleuve Congo. Il y a un mécanisme qui se met en place pour cela » a-t-elle précisé.

Judith Suminwa Tuluka a également tenu à rassurer l’opinion publique sur l’interprétation du nombre de cas enregistrés. Selon elle, l’identification de nouveaux malades traduit aussi l’efficacité des campagnes de sensibilisation et du système de détection précoce.

« Je suis souvent étonnée lorsque certaines personnes disent qu’il y a de plus en plus de cas d’Ebola et que c’est donc une catastrophe. Au contraire, le fait qu’on ait connaissance de plus de cas signifie que la sensibilisation marche » a-t-elle expliqué.

Pour la Première ministre, une prise en charge rapide des personnes présentant des symptômes demeure essentielle pour réduire la mortalité liée à la maladie.

« Plus les gens arriveront tôt, moins on aura de cas de décès, parce qu’on pourra les prendre en charge le plus rapidement possible » a-t-elle ajouté.

Elle a appelé les communautés à collaborer davantage avec les équipes sanitaires et les relais communautaires afin de favoriser le dépistage et l’orientation rapide des personnes suspectes.

« Il faut absolument que la sensibilisation au niveau des communautés avec les relais communautaires se fasse pour que les gens comprennent ce qu’est cette maladie. Ce n’est pas parce qu’on a Ebola qu’on va mourir le lendemain. Mais lorsqu’on est en contact ou qu’on présente des signes, il vaut mieux se déclarer afin qu’on puisse assurer un meilleur suivi et commencer la prise en charge dès l’apparition des symptômes. C’est très important » a insisté Judith Suminwa Tuluka.

La cheffe du gouvernement a par ailleurs rappelé l’importance stratégique de la province de la Tshopo dans la lutte contre l’épidémie. Située au cœur des échanges entre plusieurs régions du pays, cette province constitue un carrefour majeur sur les plans économique et logistique.

Dans ce contexte, Judith Suminwa Tuluka estime qu’il est indispensable de contenir rapidement l’épidémie dans cette province afin d’éviter sa propagation vers d’autres parties du pays.

« La Tshopo est un hub et un pôle stratégique, tant sur le plan économique que sur celui des transports. Elle relie l’Est du pays à l’ensemble du territoire national, particulièrement Kinshasa. Il est important que nous puissions circonscrire la maladie afin d’empêcher sa propagation sur l’ensemble du territoire national. C’est pourquoi il est primordial que la riposte fonctionne pleinement ici, dans la province de la Tshopo, particulièrement à Kisangani »,  a rassuré la Première ministre

En République démocratique du Congo, la descente sur le terrain de la Première ministre intervient dans un contexte où, deux mois après la déclaration de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola et quelques semaines après l'apparition de nouveaux cas dans deux nouvelles provinces, portant à cinq le nombre total de provinces touchées (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri, Tshopo et Haut-Uele), la riposte demeure confrontée à de nombreuses difficultés.

Malgré l'expérience acquise lors des seize précédentes épidémies, les opérations, notamment en Ituri, ont été perturbées par des mouvements de grève des prestataires et des professionnels de santé, qui réclament une meilleure prise en compte de leurs revendications. Ces derniers dénoncent notamment des retards de paiement, des conditions de travail difficiles ainsi que le non-respect de certains engagements pris par le gouvernement.

À ces difficultés s'ajoutent des contraintes sécuritaires persistantes dans plusieurs zones affectées, compliquant le déploiement des équipes de riposte. En Ituri, épicentre de l'épidémie, certains centres de traitement ont également été la cible d'attaques de groupes armés, rendant encore plus complexe la lutte contre cette 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola.

Clément MUAMBA, Envoyé spécial à Kisangani