Au moment où certains acteurs politiques membres de la plateforme du chef de l’État, Union sacrée, semblent exclure les rebelles de l’AFC/M23 du dialogue annoncé par Félix Tshisekedi, le parti Lumumbiste Unifié, branche Gizenga, estime qu’il est impérieux de réserver une place à ceux qui sont aujourd’hui le nez de l’instabilité de la partie orientale de la RDC.
Au cours d’une conférence de presse tenue ce jeudi 23 juillet à Kinshasa, le secrétaire général et porte-parole de cette formation politique, Jean-Claude Mashini, a plaidé en faveur de la participation des Congolais qui ont pris les armes, en vue de la recherche commune d’une voie de sortie de crise sécuritaire qui embrase l’Est de la République Démocratique du Congo depuis plus d’un an déjà.
« Pour nous, tout compatriote qui aurait été tenté de prendre les armes contre son pays, doit venir avec nous pour que nous puisions trouver des moyens de sortie de crise », a-t-il dit à ACTUALITE.CD.
S’agissant du débat de changement constitutionnel qui agite la classe politique congolaise, le Palu-Gizenga dit conditionner « tout changement de l’ordre démocratique et institutionnel par le respect d’un consensus national », devant découler notamment du dialogue national « inclusif et efficient ».
Néanmoins, ce parti historique met en garde contre toute démarche unilatérale et orientée, visant le noyautage du processus politique en RDC, tout en rappelant ce qui reste comme attentes inchangées du peuple congolais : le développement national dans la paix, la justice et la concorde national ; la fin de la guerre, l’unité nationale face au projet de balkanisation du pays, pour ne citer qu’elles.
Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’AFC-M23 qui administre les villes de Goma et Bukavu et plusieurs autres pans du pays depuis janvier 2025, a rejeté toute perspective de dialogue avec le pouvoir de Kinshasa, estimant que la crise congolaise ne pouvait être résolue par de nouveaux compromis politiques. Dans une vidéo diffusée par ses équipes, M. Nangaa a qualifié le pouvoir congolais de « manipulateur et menteur qui ne respecte jamais ses engagements ». Il a ainsi écarté l’option d’un dialogue avec les autorités, au moment où Kinshasa tente de mettre en place un nouveau cadre de discussions nationales avec l’appui des confessions religieuses.
Samyr LUKOMBO