Ebola en RDC : Solidarités International prête à intervenir auprès des populations affectées et insiste sur la sensibilisation et la protection des communautés

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À la suite de la déclaration de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les équipes de Solidarités International, association humanitaire engagée sur les terrains de conflits et de catastrophes naturelles, se disent prêtes à intervenir auprès des populations affectées dans cette région du pays, également confrontée à l’activisme de groupes armés locaux et étrangers.

Après la province du Kasaï, précisément à Bulape, la province de l’Ituri fait face à une résurgence importante du virus Ebola, avec des répercussions dans certaines provinces et dans des pays voisins. L’épidémie, officiellement déclarée le 15 mai, est causée par le variant Bundibugyo du virus, une souche rare et létale contre laquelle il n’existe actuellement aucun vaccin, selon les spécialistes de la santé publique.

« La priorité absolue est d’assurer la sûreté de nos équipes et de participer à la lutte contre l’épidémie, notamment à travers la sensibilisation et la protection des communautés », a déclaré Federica Badocco, directrice pays de Solidarités International.

Afin d’être opérationnelle dans les plus brefs délais, Solidarités International indique, dans un communiqué parvenu à la rédaction d’ACTUALITE.CD mercredi 20 mai 2026, avoir déjà mis en place des dispositifs de prévention et des mesures de protection au sein de ses bâtiments et dans le cadre de ses activités.

L’organisation a également procédé à la distribution d’équipements de protection individuelle ainsi que de kits de prévention afin de permettre à ses équipes de continuer à apporter de l’aide et de poursuivre leurs actions humanitaires.

« La communauté humanitaire se mobilise et Solidarités International participe activement aux instances de coordination afin de garantir une réponse adaptée aux besoins des populations », ajoute Federica Badocco, actuellement en Ituri.

En visite à Bunia le 17 mai, rappelle l’organisation, le ministre national de la Santé publique, Roger Kamba, avait fait état de 350 cas suspects et de 91 décès probables, principalement dans les zones de santé de Bunia, Rwampara et Mongbwalu. Deux cas ont également été recensés à Kampala, la capitale ougandaise, tandis qu’un cas a été confirmé dans le Grand Nord-Kivu.

« Les prochains jours seront décisifs, nous ne sommes qu’au début de l’épidémie. Atteindre les populations les plus touchées dans des zones reculées représente un défi, et il sera essentiel d’adapter la réponse sanitaire aux inquiétudes des communautés », explique Justine Muzik Piquemal, directrice régionale de Solidarités International.

L’épidémie de la maladie à virus Ebola constitue une nouvelle crise pour la République démocratique du Congo, un pays qui connaît cette année une forte recrudescence des conflits, engendrant l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. Avec 5,6 millions de personnes déplacées, dont environ 2,5 millions d’enfants, et 15 millions de personnes, soit près d’une personne sur sept, ayant besoin d’une aide humanitaire, la RDC est confrontée à une situation majeure.

Vingt-quatre heures après la déclaration officielle de cette 17e épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, l’Organisation mondiale de la santé a indiqué que l’épidémie due à la souche Bundibugyo en RDC et en Ouganda constitue désormais une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

Selon le communiqué rendu public samedi 16 mai 2026, le directeur général de l’OMS a fondé cette décision sur plusieurs éléments, notamment le taux élevé de positivité des premiers échantillons testés, la propagation déjà documentée au-delà des frontières congolaises ainsi que l’absence de vaccin ou de traitement approuvé contre cette souche spécifique. Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, cette épidémie ne remplit cependant pas, à ce stade, les critères d’une urgence pandémique.

Clément Muamba