RDC : la participation des femmes à la gestion publique progresse, mais reste en deçà des ambitions d’égalité
En République démocratique du Congo, les femmes représentent une part significative de la population active.
Pourtant, leur présence dans les sphères de décision publique demeure limitée, malgré un cadre juridique favorable à l’égalité de genre.
Selon des données récentes, environ 32 % des postes de prise de décision sont occupés par des femmes.
Un chiffre qui, bien qu’en progression, révèle un déséquilibre persistant dans l’accès aux fonctions stratégiques de l’État.
Un cadre légal favorable, mais peu appliqué
La Constitution congolaise garantit pourtant l’égalité de tous devant la loi et l’égal accès aux fonctions publiques, notamment à travers ses articles 12, 13 et 14. Elle consacre également l’élimination de toute forme de discrimination.
À cela s’ajoute la loi du 1er août 2015 sur la parité, qui renforce ce principe d’égalité entre hommes et femmes.
Pour Maître Kapila Kitebgie, avocat à la Cour,
« la participation de la femme à la gestion publique constitue aujourd’hui un principe fondamental dans tout État de droit démocratique ».
Nathalie Kambala, Directrice générale de l’ONG Femmes main dans la main pour le Développement intégral (FMMDI), évoque les obstacles qui freinent l’accès des femmes aux postes de responsabilité ainsi que le rôle des organisations de défense des droits des femmes dans le renforcement du leadership féminin :
« C’est gravissime de constater que, dans un pays où l’on prône la masculinité positive, avec un Président qui en est le champion, les nominations aux postes de ministres et de députés restent majoritairement masculines, avec un faible pourcentage de femmes. Dans les divisions provinciales, que constatons-nous ? Sur 54 personnes nommées, seules 3 ou 4 sont des femmes. Ce qui empêche aujourd’hui les femmes d’accéder aux postes de responsabilité, ce sont d’abord les stéréotypes, le manque de confiance en leur leadership et une certaine tendance à se sous-estimer. Les femmes ont parfois du mal à s’assumer pleinement. »
Et d’ajouter :
« Lorsque vous arrivez dans un milieu professionnel, chères femmes, donnez tout ce que vous avez dans la tête. Ne vous focalisez pas sur votre apparence, car la beauté ne peut pas transformer la vie de quelqu’un, tandis que l’intelligence peut transformer toute une communauté, mais beaucoup reste à faire pour une réelle inclusion. »
Elle insiste également sur l’importance de la solidarité féminine :
« Le réveil des femmes et leur engagement mutuel sont essentiels pour accélérer cette dynamique. »
Un enjeu de gouvernance et d’efficacité
Au-delà de la question d’équité, la participation des femmes constitue un levier de performance pour les institutions publiques.
Plusieurs études démontrent qu’une gouvernance inclusive favorise une meilleure prise de décision, plus représentative et plus équilibrée.
Jean-Claude Kabulue, journaliste et responsable de média, appelle à un changement de mentalité :
« Les stéréotypes persistants continuent d’exclure les femmes de certains rôles, les considérant à tort comme faibles. Il est impératif de respecter les textes et de déconstruire ces préjugés. »
Vers une gouvernance réellement inclusive ?
Si des avancées notables sont enregistrées en RDC, la pleine participation des femmes à la gestion publique reste un objectif à atteindre. Entre volonté politique, réformes structurelles et évolution des mentalités, l’avenir de la gouvernance congolaise dépendra de la capacité à transformer les engagements en actions concrètes.
Car au-delà des chiffres, l’inclusion des femmes dans les processus décisionnels est désormais une exigence démocratique et un facteur clé de développement durable.
Une représentation encore marginale dans les postes clés
Dans les institutions publiques, les femmes restent minoritaires :
-11 femmes sur 69 secrétaires généraux, soit environ 16 % ;
-18 femmes membres du gouvernement, y compris la Première ministre ;
-1 à 2 femmes gouverneures sur les 26 provinces, selon les cycles électoraux récents.
Ces chiffres illustrent les limites des politiques actuelles en matière d’inclusion.
Des avancées symboliques, mais des défis structurels
La nomination de Judith Suminwa, première femme à la tête du gouvernement congolais, marque toutefois une avancée historique.
Pour Suzanne Tumba Kanku, directrice générale de Quantum Vertex et membre du conseil d’administration de l’Agence Pour la Promotion des Classes Moyennes (APROCEM), cette évolution traduit une volonté politique croissante :
« Il faut saluer la vision du chef de l’État, champion de la masculinité positive, pour la promotion des femmes à des postes de responsabilité. »
Cependant, elle souligne que les obstacles restent profondément ancrés, notamment sur le plan socioculturel :
« Dès le bas âge, les garçons sont davantage encouragés et préparés à assumer des responsabilités, tandis que les filles sont souvent reléguées au second plan. »
Entre pesanteurs culturelles et autocensure
Les défis auxquels font face les femmes congolaises sont multiples :
-Normes sociales et culturelles défavorables ;
-Accès inégal à l’éducation et au mentorat ;
-Manque de confiance ou autocensure.
Pour Varlette MAMPASI, jeune femme leader engagée, des progrès sont visibles mais insuffisants :
« Nous saluons les avancées actuelles, notamment la présence d’une femme à la tête du gouvernement, mais beaucoup reste à faire pour une réelle inclusion. »
Elle insiste également sur l’importance de la solidarité féminine :
« Le réveil des femmes et leur engagement mutuel sont essentiels pour accélérer cette dynamique. »
Un enjeu de gouvernance et d’efficacité
Au-delà de la question d’équité, la participation des femmes constitue un levier de performance pour les institutions publiques.
Plusieurs études démontrent qu’une gouvernance inclusive favorise une meilleure prise de décision, plus représentative et plus équilibrée.
Jean-Claude Kabulue, journaliste et responsable de média, appelle à un changement de mentalité :
« Les stéréotypes persistants continuent d’exclure les femmes de certains rôles, les considérant à tort comme faibles. Il est impératif de respecter les textes et de déconstruire ces préjugés. »
Vers une gouvernance réellement inclusive ?
Si des avancées notables sont enregistrées en RDC, la pleine participation des femmes à la gestion publique reste un objectif à atteindre.
Entre volonté politique, réformes structurelles et évolution des mentalités, l’avenir de la gouvernance congolaise dépendra de la capacité à transformer les engagements en actions concrètes.
Car au-delà des chiffres, l’inclusion des femmes dans les processus décisionnels est désormais une exigence démocratique et un facteur clé de développement durable.
Marie Jeanne Molly MUPELA, JDH.