L'opposition, par les voix de ses leaders, se montre de plus en plus ouverte à une idée de dialogue en RDC pour mettre fin à la crise aussi bien politique que sécuritaire. Si elle veut utiliser cette initiative pour verrouiller la Constitution et empêcher un troisième mandat de Félix Tshisekedi, la majorité au pouvoir pourrait s'en servir pour légitimer son projet de changement constitutionnel.
Dans une vidéo sur son compte X, l’opposant Moïse Katumbi a souligné pour sa part que le dialogue inclusif est la seule solution pour la RDC dans sa situation actuelle.
“Le train de vie de l’Etat aujourd’hui… nous dépensons beaucoup d'argent dans des futilités, dans des voyages inutiles. Et la population continue à souffrir. La seule solution pour le Congo, pour qu’on arrête le sang, c’est d’aller à un dialogue inclusif”, a dit le Président du parti Ensemble pour la République.
Pour lui, les élections de 2023 sont la cause de plusieurs malheurs que connaissent les congolais et ramener encore la question de la constitution est inopportun.
“Aujourd’hui, si nous avons la guerre à l’Est de notre pays, y ajouter encore d’autres problèmes, c’est parce qu’il y a eu des élections chaotiques dans notre pays. On veut encore ramener d’autres problèmes, disons non”, ajoute Katumbi.
Le débat sur le dialogue national en RDC est porté par l'opposition, notamment Martin Fayulu, qui y voit l'unique moyen de résoudre la crise de légitimité issue des élections et l'instabilité sécuritaire à l'Est. Ce projet de "cohésion nationale" vise à réunir toutes les forces vives pour s'accorder sur la gouvernance du pays avant toute réforme majeure.
De son côté, le président Félix Tshisekedi a longtemps rejeté cette idée, estimant qu'il n'y a pas de crise institutionnelle justifiant des négociations hors du cadre légal. S'il s'est montré plus ouvert récemment, il pose des conditions telles que le dialogue doit se tenir en RDC, respecter les institutions en place et ne pas servir de plateforme de négociation avec les groupes armés comme le M23.
Entre les deux, les Églises (CENCO et ECC) tentent de jouer les médiateurs pour éviter que ce bras de fer ne débouche sur une nouvelle crise sociale violente.
Les principales confessions religieuses de la RDC ont présenté une feuille de route pour l’organisation d’un dialogue national et inclusif. Cette initiative vise à répondre aux conflits persistants dans l’Est du pays, marqués notamment par la résurgence de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, ainsi que par l’activisme d’autres groupes armés. L’objectif est de jeter les bases d’un « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs ».
Kuzamba Mbuangu