Masisi : plus de 2 000 ménages des déplacés de guerre en détresse à Kibabi, dans le secteur de Katoyi

Le site de déplacé de Nyakabanda 1 à Kibati
Le site de déplacé de Nyakabanda 1 à Kibati

La dégradation continue de la situation sécuritaire dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu a provoqué un nouvel afflux massif de déplacés internes dans le secteur de Katoyi. Au total, 13 446 personnes, soit 2 241 ménages, ont trouvé refuge dans l’aire de santé de Kibabi, fuyant les affrontements armés qui secouent la région depuis plus d’une semaine.

Selon des sources locales, les violences ont éclaté dans la nuit du 19 au 20 février 2026, touchant simultanément plusieurs villages, notamment Luke, Ngomashi et Bukumbirire, situés aux alentours du site minier stratégique de Rubaya.

L’intensification des combats autour de cette zone minière a déclenché des mouvements massifs de populations vers des localités jugées plus sûres, notamment les aires de santé de Kibabi, Kachihembe, Nyambisi et Kinigi, proches de la cité minière de Rubaya.

La majorité des déplacés proviennent des villages de Luke, Katoboto, Kiruli, Bushiha, Katoyi, Mitimingi, Bukumbirire, Kaloba et Nkokwe, situés dans le secteur de Katoyi et dans certaines entités du groupement Mupfunyi Kibabi, en chefferie des Bahunde.

D'après les sources humanitaires, les déplacés sont arrivés entre le 19 et le 24 février 2026 et se sont installés dans des familles d’accueil et dans des centres collectifs improvisés.

Deux établissements scolaires, l’EP Kibabi et l’Institut Kibabi servent actuellement de sites d’hébergement. Les conditions de vie y sont extrêmement précaires, marquées par une forte promiscuité et un manque d’infrastructures adaptées.

Pour les sources humanitaires, l’afflux représente une pression démographique estimée à plus de 85 % sur la communauté hôte : 2 241 ménages déplacés pour environ 2 608 ménages locaux. Cette surcharge fragilise davantage une population déjà vulnérable.

Dans l’aire de santé de Kibabi, la structure sanitaire fonctionne sans partenaire d’appui, limitant considérablement la prise en charge médicale des déplacés comme des résidents. Les capacités locales sont largement dépassées face à l’ampleur des besoins.

Bien que les besoins soient multisectoriels, les priorités identifiées concernent l’assistance alimentaire, pour prévenir une détérioration rapide de la situation nutritionnelle ; la prise en charge sanitaire, notamment pour les femmes, les enfants et les personnes vulnérables ; les articles ménagers essentiels (AME), incluant couvertures, ustensiles de cuisine et kits d’hygiène.

Face à cette situation alarmante, les acteurs locaux lancent un appel aux partenaires humanitaires disposant de capacités d’intervention afin de procéder à des évaluations rapides et d’apporter une réponse adaptée à cette crise.

Dans un territoire de Masisi déjà éprouvé par des cycles récurrents de violences, ce nouvel afflux de déplacés souligne l’urgence d’une mobilisation humanitaire accrue pour éviter une aggravation de la crise.