La plateforme politique et sociale, Sauvons la RDC, est vivement préoccupée par l’arrestation nocturne d’Aubin Minaku, ancien président de l’assemblée nationale (2012-2019), dimanche dernier à son domicile à Kinshasa. Elle considère ce qu’elle présente ce nouvel enlèvement comme preuve de plus que « le Congo est désormais un espace de non-droit ».
Dans son communiqué du lundi 18 janvier, cette structure dont les activités ont été suspendues au pays, dénonce une sanction politique infligée au vice-président du PPRD « pour son engagement assumé dans l'opposition et pour avoir eu l'audace de présider les cérémonies d'hommage à la mémoire de Patrice Émery Lumumba et de Mzee Laurent Désiré Kabila ».
« Un pays où la liberté n'est plus un droit garanti, mais une faveur octroyée au gré du bon vouloir discrétionnaire d'un pouvoir personnel, et ou tout acteur politique ou de la société civile refusant allégeance est réduit au statut de prisonnier en sursis », fustige Sauvons la RDC de Joseph Kabila, qui invite en même temps les partenaires de la RDC à se lever contre « les dérives dictatoriales et à exiger la restauration de l'Etat de droit et des principes démocratiques ».
Dans un communiqué dimanche, le PPRD diaspora a décrié une interpellation menée « en dehors de tout cadre judiciaire clair et transparent qui, d’après lui, « s’inscrit dans une escalade répressive systématique inédite visant désormais l’ensemble de la direction politique du PPRD et, au-delà, toute voix d’opposition réelle en République démocratique du Congo ». Il exige par ailleurs la libération de l’ancien président de l’Assemblée nationale, ainsi que Ramazani Shadary et d’autres membres du parti, récemment arrêtés dans des circonstances similaires. L’ancien parti au pouvoir a accusé les partenaires de la RDC de silence complice face à la répression de l’opposition congolaise.
D’après plusieurs sources dont des membres de l’entourage politique et des témoins oculaires, l’ancien député national a été arrêté dans sa résidence privée par des hommes armés pour des motifs non encore communiqués officiellement par les autorités. Fidèle allié de Joseph Kabila, il a été emmené vers une destination inconnue peu après minuit. Des sources sécuritaires, qui ont requis l’anonymat, ont indiqué que l’intervention a été menée sans violence apparente, bien que la résidence ait été bouclée par des éléments des forces spéciales.
Les activités du PPRD restant suspendues à travers le le pays depuis novembre dernier, les cadres et membres du parti de l’ancien président de la République se sont visiblement exécutés, et n’ont exercé aucune pression pour obtenir la libération de leurs camarades, interpellés en série, à Kinshasa.
Samyr LUKOMBO