Dans un contexte de persistance des crises sécuritaire et politique en RDC, l’opposition, elle, continue de brandir le dialogue exclusif comme la solution ultime aux « causes profondes ». Le président du parti politique Piste pour l’émergence, Seth Kikuni, accuse le président Tshisekedi, qu’il considère de “problème”, de supplier Luanda à convaincre l’opposition à accepter un dialogue « pour masquer l'effondrement politique, institutionnel et moral de son régime ».
L’opposant, qui donne les préalables d’un « véritable dialogue » : la bonne foi, l'égalité des parties et la fiabilité de la parole donnée, craint que les engagements qui en resulteront soient reniés par Kinshasa, « car aucun accord conclu avec ce pouvoir ne saurait avoir de valeur durable ni de caractère contraignant. »
« Sa parole [de Félix Tshisekedi] est instable, réversible et vide de toute force morale ou politique. Les engagements sont pris pour être ensuite reniés, réinterprétés ou purement abandonnés selon les intérêts du moment. Dans un tel contexte, tout dialogue devient une illusion », écrit sur X Seth Kikuni.
Exacerbé du fait que Kinshasa « a rétréci l'espace démocratique, contraint de nombreux acteurs politiques et de la société civile à l'exil et imposé, l’ancien candidat à la dernière présidentielle estime qu’il est de ce fait « hors de question de se prêter à une mise en scène politique dont l'unique objectif est de légitimer un pouvoir errant et en décomposition. »
« Un tel forum ne serait rien d'autre qu'un congrès de la famille politique et biologique du régime, organisé pour sauver Tshisekedi, et non la RDC », conclut Kikuni.
Lors du congrès de l’union sacrée au mois d'août dernier, Félix Tshisekedi avait déclaré que seul lui a le monopole de convoquer cet événement très attendu tant par l’opposition que par les confessions religieuses et la société civile.
Samyr LUKOMBO