Le bassin de production de Kahunga ainsi que les champs périphériques de Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, connaissent une insuffisance d’espaces cultivables depuis la saison culturale passée. Cette situation devient un véritable casse-tête pour plusieurs ménages qui vivent uniquement de l’agriculture.
Pour les agriculteurs de Kahunga, au nord de Kiwanja, de Dimez et Mulala à l’ouest, ainsi que de Kibende au nord-est de la cité, cette situation est consécutive à une démographie galopante due à l’exode rural provoqué par l’insécurité persistante.
Les propriétaires des champs sont désormais contraints de hausser le prix de location des espaces à cultiver, appliquant ainsi la loi de l’offre et de la demande, étant donné que les terres disponibles deviennent insuffisantes face à une demande qui augmente chaque jour.
Cette situation impacte négativement la vie économique des ménages.
« Trouver un champ à cultiver aujourd’hui est un problème très sérieux. Les propriétaires des champs sont fiers de leurs espaces. Ils appliquent la loi de l’offre et de la demande vu le nombre élevé des demandeurs. Vous savez très bien que nous, les paysans, nous ne vivons que grâce aux champs », déclare un cultivateur désespéré.
Cette insuffisance d’espaces cultivables dans le bassin de production de Kahunga et dans les champs périphériques de la cité de Kiwanja inquiète les agronomes de la place. Josaphat Mungumwa, l’un d’eux, appelle la population à mieux valoriser les espaces restants.
« Les habitants cultivent dans de petits espaces, mais avec de bonnes techniques. Les petits espaces qui nous restent, nous devons les valoriser, car c’est tout ce qu’il nous reste. Par exemple, celui qui a un espace de 20 mètres sur 20 peut y cultiver des légumes. Un champ de 20 sur 20 bien entretenu peut surpasser un champ de 50 sur 50 mal entretenu », a-t-il conseillé.
Une grande partie de la population de Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru, vit de l’agriculture. Les agriculteurs appellent les autorités locales à trouver une solution à cette rareté des terres afin de prévenir des cas de malnutrition dans la zone.