Est de la RDC: "un véritable cessez-le-feu est urgent", lance Volker Türk, exhortant toutes les parties à respecter le droit international

Volker Türk
Volker Türk, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme

La situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de se détériorer en dépit des initiatives diplomatiques au niveau international. Examinant ce mardi 9 septembre à Genève en Suisse le rapport de la mission d'établissement des faits sur les crimes commis dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, appelle au cessez-le-feu pour mettre fin aux violations continues des droits humains.

" Les violations continuent à l’heure où nous parlons, multipliant les souffrances des personnes traumatisées par des décennies de violence. Les efforts déployés pour parvenir à la paix au cours des derniers mois sont encourageants, mais ils doivent s’accompagner d’une évolution de la réalité sur le terrain. Un véritable cessez-le-feu est nécessaire de toute urgence. Toutes les parties au conflit doivent garantir le plein respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire ", a dit le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, dans son discours à l'occasion de son discours à la 60e session ordinaire du Conseil des Droits de l'homme des Nations-Unies.

Toutes les parties au conflit dans les provinces congolaises du Nord et du Sud-Kivu ont commis de graves violations du droit international humanitaire qui pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. C'est ce qu'a révélé le rapport produit par la Mission d'établissement des faits (FFM) du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) sur la situation au Nord et au Sud-Kivu conformément au mandat du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies.

" Le Rwanda doit cesser immédiatement tout soutien au M23 et retirer ses forces armées de la RDC. Il doit veiller à ce que les allégations d'abus et de violations imputables au Rwanda fassent l'objet d'enquêtes par les autorités compétentes et que leurs auteurs soient tenus responsables. La RDC doit veiller à ce que ses forces respectent le droit international. Elle doit cesser toute forme de soutien au Wazalendo et aux autres groupes armés, et veiller à ce que tous les auteurs d'allégations d'abus et de violations en RDC soient traduits en justice ", a recommandé le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk. 

Et de poursuivre : 

"J’exhorte les États à exercer une pression maximale sur le Rwanda et la RDC pour qu’ils cessent tout soutien aux groupes armés connus pour leurs antécédents d’abus graves, pour qu’ils veillent à ce que l’aide humanitaire parvienne à tous ceux qui en ont besoin et pour qu’ils soutiennent des processus de médiation et de paix efficaces. Une paix fondée sur les droits de l’homme implique de rendre des comptes pour les crimes horribles qui ont été commis. Il s’agit de protéger les enfants traumatisés par la violence extrême dont ils ont été témoins et qu’ils ont subie. Il s’agit de reconnaître et d’intégrer des mesures visant à établir la vérité et à réparer les préjudices causés. Et cela signifie un engagement clair à empêcher que de telles atrocités ne se reproduisent ". 

Dans le même registre, Volker Türk a invité les États membres à agir pour mettre fin à ce cycle des violences et sollicite l'accompagnement de la mission à poursuivre son travail jusqu'à l'établissement des responsabilités.

" Vous disposez des faits, et ces faits doivent être des leviers de changement. Ils permettent au Conseil, et à la communauté internationale, dans son ensemble, d'agir pour endiguer la violence, protéger les victimes et garantir la justice. J’exhorte les États membres à assurer un soutien adéquat à la Commission d’enquête chargée de faire avancer ce travail essentiel et de jeter les bases de la justice pour les victimes innombrables du conflit en RDC ", a indiqué le Haut Commissaire des Nations-Unies aux Droits de l'homme.

En réponse à l’aggravation de la crise des droits de l’homme et de la crise humanitaire causée par la récente escalade des hostilités dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, le Conseil des droits de l’homme a adopté, lors d’une session extraordinaire tenue le 7 février 2025, la résolution A/HRC/RES/S-37/1, demandant au Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme d’établir d’urgence une Mission d’établissement des faits (OFFMK) sur les graves violations et abus des droits de l’homme, ainsi que sur les graves violations du droit international humanitaire commises dans ces provinces.

L'OFFMK est notamment chargée d'enquêter et d'établir les faits, les circonstances et les causes profondes de toutes les allégations de violations des droits de l'homme, d'atteintes au droit international humanitaire et d'éventuels crimes internationaux. Elle doit également identifier, dans la mesure du possible, les personnes et entités responsables de violations des droits de l'homme, d'atteintes au droit international humanitaire et d'éventuels crimes internationaux.

Clément MUAMBA