Le député national Gratien Iracan a saisi le Bureau de l’Assemblée nationale pour dénoncer de « graves menaces » proférées par le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l’armée en Ituri. L’élu de Bunia exhorte la Chambre basse à « agir urgemment » pour garantir sa sécurité et celle de sa famille.
Dans une correspondance adressée au président de l’Assemblée nationale, M. Iracan s’alarme de l’inaction persistante des institutions face à ce qu’il qualifie de « dérive dangereuse ».
« La menace devient de plus en plus sérieuse, allant jusqu'à mettre en cause mon intégrité physique et celle de ma famille », a écrit le député, rappelant avoir déjà échappé à une tentative d’assassinat en mai 2024.
Il demande au Bureau de saisir le Gouvernement afin de sanctionner le lieutenant Ngongo et de rappeler les Forces armées à leur devoir de neutralité.
« Votre Bureau nous fait croire qu'il est juste disposé à accompagner les dépouilles mortelles des députés au lieu de les protéger de leur vivant », déplore-t-il dans sa lettre.
Le parlementaire appelle enfin à une réaction institutionnelle ferme pour préserver « la séparation des pouvoirs et la stabilité » dans la province de l’Ituri.
“ Il est désormais impératif que le Bureau de l'Assemblée nationale saisisse officiellement le Gouvernement, afin que des mesures urgentes soient prises pour: 1. Garantir ma sécurité personnelle en tant qu'élu du peuple et représentant légitime de la Nation; 2. Sanctionner disciplinairement et judiciairement le lieutenant Jules Ngongo pour ses manquements graves au devoir de réserve militaire et ses atteintes à l'autorité du Parlement; 3. Prévenir toute dérive dangereuse qui verrait l'armée s'ériger en acteur politique, ce qui mettrait en péril la séparation des pouvoirs et la stabilité institutionnelle”, a réclamé Gratien Iracan.
Par la même occasion, l'élu avait saisi le Vice-Premier de la Défense pour dénoncer les mêmes propos tenus par le lieutenant Jules Ngongo.