Le Président de la commission électorale nationale indépendante (CENI), Corneille Nangaa a invité les étudiants de l'université de Kinshasa à ne pas se sous estimer en matière de démocratie dans le continent. Au cours de son intervention à la journée scientifique organisée par la faculté de droit de l'Université de Kinshasa, Corneille Nangaa pense que la RDC est une jeune démocratie différente des autres pays africains.
Pour lui, les congolais ne doivent pas prendre à la légère la dernière alternance politique et pacifique survenue en République Démocratique du Congo.
"Nous devons savoir que la République Démocratique du Congo est une jeune démocratie, et je voudrais vous dire ici que nous ne sommes pas les derniers, il n'y a pas un pays qui soit plus démocratique que nous. Dans ce pays, il y a le débat politique qui est là, vous allez à la presse, il y a près de 50 chaînes de télévision, chacun dit ce qu'il pense, vous ne pouvez pas le faire en Ouganda, au Sud Soudan, ou ailleurs, nous même nous nous autoflagellons en pensant que nous sommes les pires, non nous ne sommes pas le pire, on ne dit pas que tout est parfait, c'est une jeune démocratie nous avons atteint notre première alternance politique et les gens ont souvent tendance à prendre ça à la légère, ne prenez pas ça à la légère", a exhorté Corneille Nangaa dans son intervention samedi 9 octobre 2021 à l'Université de Kinshasa.
Corneille Nangaa estime que la démocratie congolaise se consolide davantage surtout avec la dernière alternance politique entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila Kabange.
"En 1960, Kasa-Vubu Joseph est président, en 1965 le Président Mobutu prend le pouvoir et il n'y avait pas de remise et reprise, en 1997 le Président Laurent Désiré Kabila remplace le Président Mobutu sans faire la remise et reprise, en 2001 le Président Joseph Kabila trouve le Président Laurent Désiré Kabila mort dans un cercueil, il n'y a pas eu la remise et reprise, c'est la toute première fois qu'on a fait une remise et reprise entre un Président sortant et entrant, les gens prennent ça à la légère. On a aujourd'hui un ancien Président de la République vivant, libre dans son pays en 60 ans, ça ne s'est jamais fait. On a un président en exercice, nous attendons qu'il termine son mandat et qu'il soit sanctionné ou bien qu'il soit reconduit, c'est justement la consolidation de la démocratie", a souligné Corneille Nangaa.
Réagissant à la question de savoir qui était réellement vainqueur à la dernière Présidentielle lors des dernières élections, Corneille Nangaa a affirmé que ceux qui sont aux affaires aujourd'hui, c'est eux qui ont gagné réellement les élections.
"Pour la Commission électorale nationale indépendante, il n'y a pas des questions tabou, qui a réellement gagné, je pense que l'ordre institutionnel est connue aujourd'hui, il y a un Président de la République, il y a un parlement avec des députés et sénateurs, des gouverneurs, ceux qui sont là, c'est eux qui ont gagné", a expliqué Corneille Nangaa.
Les élections de décembre 2018 ont été vivement critiquées. Pour certains, Félix Tshisekedi n'était pas le vrai vainqueur mais aussi plusieurs députés nationaux nommés, le vrai vainqueur c'était Martin Fayulu. Ce dernier continue à revendiquer sa victoire jusqu'à ce jour. Après ces élections, il y a eu naissance de la coalition FCC-CACH et quelques années après il y a eu rupture entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila Kabange.
Clément MUAMBA