Corneille Nangaa : "2 ans et demi, ceux qui doivent désigner mon remplaçant n'arrivent pas toujours, je suis encore aujourd'hui Président par défaut et par devoir d'État"

Corneille Nangaa
Corneille Nangaa, président de la CENI. Ph. ACTUALITE.CF

Dans son discours à l'occasion de la journée scientifique de la faculté de Droit de l'Université de Kinshasa, organisée samedi 09 octobre, et axée sous le thème : " Identification et gouvernance politique en République Démocratique du Congo", Corneille Nangaa a appelé à l'accélération des préparatifs des élections de 2023 en vue de tenir le délai Constitutionnel.

Corneille Nangaa a noté que près de deux ans après, les négociations censées trouver son remplaçant n'y arrivent pas toujours malgré qu'elles soient inspirées du Saint-Esprit.

"Organiser une élection dans un pays comme le nôtre ce n'est pas facile. Un exemple à vous donner, je suis aujourd'hui encore Président par défaut et par devoir d'État, depuis deux ans et demi, on cherche mon remplaçant, ceux qui doivent désigner mon remplaçant c'est les huits confessions religieuses donc huits responsables, Universitaires, Assistés du Saint-Esprit mais ils n'arrivent pas à trouver mon remplaçant. Il est vraiment indispensable qu'on commence les préparatifs. Et trouver le remplaçant de Nangaa, ça fait partie des éléments qui constituent aujourd'hui l'élément critique du chemin qui devrait nous amener au processus électoral", a déclaré Corneille Nangaa dans son intervention ayant comme sous thème Enrôlement des électeurs et la cartographie électorale.

En attendant la mise en place de la nouvelle équipe, Corneille Nangaa rassure qu'il joue déjà son rôle notamment en ce qui concerne la partie technique des préparatifs des élections de 2023.

"La question des préparatifs techniques est en cours, la CENI travaille jusqu'aujourd'hui, parce que je suis toujours payé de toutes les façons. Je suis payé, je continue à travailler, les préparatifs techniques sont en cours de sorte que lorsque l'autre équipe viendra, c'est parmi les outils qu'on lui donnera comme élément de remise et reprise. Un exemple, je parle, sous le contrôle de mon grand frère Jacques Djoli ici présent, en 2011, ils sont arrivés à la Commission électorale nationale indépendante au début de l'année 2011, ils ont organisé les élections à la fin de l'année tout simplement parce que l'équipe qui les avait précédé, avait déjà commencé à préparer techniquement. L'équipe avait même déjà commencer l'enrôlement des électeurs si bien que c'est eux qui sont venus compléter. Donc, il n'y a pas de polémique là-dessus, il n'y a pas débat, c'est juste question que les gens s'y mettent, nous aurons les élections en 2023", a rassuré Corneille Nangaa dans son intervention.

La RDC devra organiser les élections en 2023. Il faut notamment des réformes électorales et la mise en place du nouveau bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Ces préalables peinent à être concrétisés pour l’instant. La mise en place du nouveau bureau de la CENI traîne suite aux désaccords au sein de la plateforme des confessions religieuses sur la désignation des membres. Six autres confessions religieuses qui ont désigné Denis Kadima comme président de la CENI, alors que l’Eglise catholique et l’Eglise du Christ au Congo considèrent ce candidat comme proche du pouvoir. Les catholiques et les protestants qui reconnaissent les capacités techniques de M. Kadima insistent sur l’éthique, la probité et surtout le courage exceptionnel de celui qui devra publier les résultats des urnes.

Clément MUAMBA