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Sur la piste du dialogue, les quatre anciens vice-présidents reviennent sur scène (Mini-enquête)
Vendredi 2 septembre 2016 - 19:44

La RDC avait étonné le monde en 2003 avec un exécutif aussi étrange qu’original : un monstre à cinq têtes, autrement appelé 1+4. Dans l'histoire politique de ces vingt dernières années, ce fameux 1+4 reste l'un de plus gros deal de la scène politique congolaise. Dialogues et alliances sont devenus une marque de fabrique de Joseph Kabila. Concertations, consultations et aujourd’hui Dialogue, Kabila en a tellement organisé depuis son accession au pouvoir au point qu’il en est devenu presque expert dans la région. Si hier, les jeunes de Filimbi qui s’opposaient publiquement à un troisième mandat ont été libérés,  tout le monde sait que cela fait partie d’une opération séduction pour obtenir enfin ce fameux dialogue.

Si l’équation devient davantage coriace avec l’émergence de Moise Katumbi dans la jungle politique congolaise, le vieux Étienne Tshisekedi demeure une constante inconnue qui peut faire basculer dans un sens ou comme dans l'autre le processus de légitimation du glissement du calendrier électoral. Son association avec Katumbi ne rend pas les choses faciles pour le clan Kabila.

<strong>Retro</strong>

En 2003, du fameux dialogue inter congolais à Sun City était sorti un gouvernement de transition. Au prix de la paix, disait-il, Joseph Kabila avait accepté de partager le pouvoir avec deux grandes figures de l'opposition à l'époque à savoir Azarias Ruberwa du RCD et Jean Pierre Bemba du MLC. Pour maquiller le boycott de Tshisekedi , Zahidi Ngoma a été l’heureux représentant de l’opposition non armée à ce big deal. Et pour ne pas couper brutalement le lien avec le régime de feu son père, Kabila avait proposé Abdoulay Yerodia Ndombasi comme vice-président de la République issue de la composante gouvernement.

Aujourd’hui, ceux qui ont partagé le pouvoir avec Joseph Kabila pendant 3 ans et 220 jours ne font plus tellement parler d’eux. Enfin, presque plus. Mais que sont-ils devenus ? Quel rôle ont-ils joué ces dix dernières années? Où se planquent-ils actuellement ?

<strong>Azarias Ruberwa…Il se réclame de l’opposition, mais difficile à situer politiquement</strong>

<img class="alignnone size-full wp-image-4217" src="https://actualite.cd/wp-content/uploads/2016/09/Azarias-Ruberwa_1_0.jpg…; alt="Azarias Ruberwa_1_0" width="1022" height="578" />Actuellement, il exerce son métier d’avocat en gardant la tête du RCD, un parti qui n’a pas trop fait parler de lui ces dix dernières années. Tout récemment, c’est avec sa casquette d’avocat, que l’homme qui ne cache pas sa foi chrétienne s’était fait remarquer dans le collectif des avocats  qui représentait l’ambassade des États-Unis pour la défense de l’américain Darryl Lewis, l’ex-marine engagé par Moise Katumbi. Ancien, vice-président chargé de la Commission politique, défense et sécurité entre 2003 et 2006, il a testé sa popularité à la présidentielle de 2006 en engrangeant sans surprise un score de 1,69%. Diminué politiquement et dépossédé de sa force militaire, Ruberwa a eu ensuite du mal à s’imposer dans les affaires politiques congolaises. Le Dialogue est une belle occasion de se faire encore remarquer. Participant au comité préparatoire dans la catégorie « personnalité », l’homme peut-il être considéré comme proche de Kabila ? Sympathisant de Katumbi ? Opposant tout simplement ?

<strong>Zaidi Ngoma, en mode silencieux...</strong>

<img class="alignnone size-full wp-image-4218" src="https://actualite.cd/wp-content/uploads/2016/09/zahidi-ngoma.jpg&quot; alt="zahidi ngoma" width="1024" height="577" />Il ne vibre plus et ne fait vibrer personne. À 68 ans, l'ancien vice-président chargé de la Commission sociale et culturelle fonctionne en mode silencieux. Il s'est quasiment effacé de la scène politique congolaise. Lui également a testé sa popularité à la présidentielle de 2006 et ne s’est plus remis. Actuellement, l'ancien vice-président est plus porté vers ses affaires privées que la politique. Il reste cependant président du mouvement politique Forces du Futur et Président du Regroupement Politique Camp de la Patrie. Le promoteur de Couleurs télévision a fait une apparition surprise à l’ouverture du dialogue.

<strong>Yerodia Abdoulay Ndombasi...Le papy est vraiment fatigué…</strong>

<img class="alignnone size-full wp-image-4219" src="https://actualite.cd/wp-content/uploads/2016/09/YERODIA.jpg&quot; alt="YERODIA" width="1024" height="683" />

Compagnon de lutte de Laurent-Désiré Kabila, il a été nommé en 2003, vice-président représentant la composante « gouvernement ». Il est aujourd'hui, sénateur. Du haut de ses 83 ans, l'homme s’affaiblit  physiquement. Il se rend au parlement quand il peut. Et même, l'ami de Mzee Kabila garde toujours son indécrottable <strong>gilet</strong>.

<strong>Jean Pierre Bemba...l’homme qui tenait tête à Kabila</strong>

<img class="alignnone size-full wp-image-4220" src="https://actualite.cd/wp-content/uploads/2016/09/bemba.jpg&quot; alt="bemba" width="768" height="519" />

L’ami-ennemi de Kabila passe ses journées à la Cour Pénale Internationale. Condamné à 18 ans de prison. Il est reconnu coupable le 21 mars dernier de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre dont étaient auteurs ses troupes en Centrafrique. Lui, c’est quasiment le seul dans le groupe d'anciens vice-présidents qui peut encore tenir tête à Joseph Kabila. Avec 42 % des suffrages au scrutin présidentiel de 2006, Bemba a conquis à lui seul la capitale et la partie ouest du pays pendant que Kabila avait besoin Nzanga Mobutu (pourtant beau-frère de Jean-Pierre Bemba) et de Gizenga du Palu, pour totaliser les 58% qui lui ont permis de remporter le second tour de la présidentielle. Mais l’homme perd peu à peu de sa superbe. Ses anciens collaborateurs comme François Muamba, Germain Kambinga, Thomas Luhaka, Yves Kisombe, Jean Lucien Bussa… ont tous trouvé des raisons, au fil des ans, soit pour rejoindre le gouvernement sous la présidence de Joseph Kabila, soit pour créer leurs propres partis politiques. Aujourd'hui le parti est dirigé par <strong>Eve Bazaiba,</strong> malgré son caractère bien trempé et son autorité, la dame de fer n’a pas fait oublier Bemba.La course à la prochaine présidentielle en RDC se jouera probablement, sans Jean-Pierre Bemba.

<strong>Ange Kasongo</strong>

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