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Élections américaines de mi-mandat : quels enjeux pour les accords entre Washington et Kinshasa ?

La vue d’une rue de Manhattan, New York (USA)

Les élections de mi-mandat du 3 novembre pourraient modifier les rapports de force à Washington. Pour Kinshasa, l’enjeu concerne notamment le financement de la coopération sanitaire et le contrôle des engagements économiques de l’administration Trump. Le scrutin ne décidera toutefois pas, à lui seul, du maintien ou de l’abandon des accords.

Les Américains sont appelés aux urnes, mardi 3 novembre, pour renouveler les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 sièges du Sénat. Des élections de gouverneurs, de parlementaires des États et de responsables locaux se tiennent également. Pour les relations avec la République démocratique du Congo, c’est notamment la composition du prochain Congrès qui mérite attention.

Le président américain conduit la politique étrangère, mais son administration doit composer avec les pouvoirs du Parlement. Le Congrès vote les crédits fédéraux. Ses commissions peuvent aussi organiser des auditions, examiner l’utilisation des fonds et demander des explications aux responsables des programmes publics. Une majorité différente pourrait donc modifier les conditions dans lesquelles les engagements pris avec Kinshasa sont financés et contrôlés. Il s’agit d’une possibilité institutionnelle, pas d’une conséquence déjà acquise du scrutin.

La coopération sanitaire illustre directement cet enjeu. Le mémorandum signé le 26 février 2026 porte sur cinq ans et représente une enveloppe annoncée de 1,2 milliard de dollars. Il prévoit jusqu’à 900 millions de dollars de soutien américain et une augmentation de 300 millions de dollars des dépenses nationales de santé congolaises. Les programmes concernent notamment le VIH, la tuberculose, le paludisme, la santé maternelle et infantile ainsi que la surveillance des maladies.

Ces montants ne doivent pas être confondus avec des sommes déjà décaissées. Comme ACTUALITE.CD l’avait rapporté lors de l’annonce, le département d’État prévoit de mobiliser l’aide américaine en collaboration avec le Congrès. Le vote des crédits constitue donc un élément à suivre pour apprécier la concrétisation des engagements.

Le partenariat stratégique, signé le 4 décembre 2025, répond à une autre logique. Il établit un cadre de coopération portant notamment sur les minerais critiques, les infrastructures et les investissements. Selon la présentation qu’en fait l’Agence internationale de l’énergie, il prévoit une réserve d’actifs stratégiques et un droit de première offre pour les acteurs américains sur certains projets. Il comprend également la promotion du corridor Sakania–Lobito comme voie d’exportation des minerais.

Pour ce volet, les décisions du Congrès ne sont qu’une partie de l’équation. Le cadre prévoit aussi la mobilisation d’investisseurs privés, d’institutions financières internationales et d’organismes américains de financement. La signature ouvre ainsi des possibilités de coopération sans garantir, à elle seule, le financement ni la réalisation de chaque projet.

Kinshasa cherche déjà à accélérer cette mise en œuvre. Selon la Primature, une réunion de la task force RDC–États-Unis, tenue le 12 octobre, a notamment porté sur Grand Inga, le corridor de Lobito, les actifs stratégiques proposés à Washington et la sélection des projets prioritaires. Le gouvernement a alors souligné que certains dossiers nécessitaient encore des échanges techniques.

Si les démocrates obtenaient la majorité dans une chambre, ils pourraient utiliser les instruments parlementaires pour examiner davantage la politique de l’administration Trump. Mais la tenue d’auditions sur les accords avec la RDC, leur contenu et leurs éventuelles conséquences dépendrait des priorités des élus. Elle ne peut pas être présentée comme certaine avant le scrutin. Les commissions disposent de ces pouvoirs de contrôle indépendamment du parti majoritaire.

Pour Kinshasa, il faudra donc observer plusieurs décisions après les élections: les crédits consacrés à la coopération sanitaire, les conditions attachées aux financements, les éventuelles initiatives de contrôle parlementaire et l’avancement des investissements. Le résultat électoral donnera un nouveau rapport de force politique. Ses effets sur les accords se mesureront ensuite dans les budgets, les décisions administratives et les projets effectivement réalisés.


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