Vingt et un ans après l’assassinat du journaliste Franck Ngyke Kangundu et de son épouse, Hélène Mpaka, l’Association congolaise des femmes journalistes de la presse écrite (ACOFEPE) et le groupe de presse La Référence Plus appellent à la réouverture des enquêtes judiciaires afin d’établir toutes les responsabilités dans ce double meurtre.
Dans un communiqué conjoint publié ce lundi 2 novembre, à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, les deux organisations demandent notamment que les éventuels commanditaires de cet assassinat soient identifiés et poursuivis devant la justice.
Franck Ngyke Kangundu, alors chef de la rubrique politique du quotidien La Référence Plus, et son épouse Hélène Mpaka ont été tués dans la nuit du 2 au 3 novembre 2005, à leur domicile, à Kinshasa, devant leurs enfants.
Si un verdict rendu en 2006 avait condamné trois militaires congolais présentés comme les exécutants du double meurtre, les circonstances entourant sa planification et l'identité des éventuels commanditaires restent, selon les deux organisations, des questions qui n'ont pas reçu de réponse judiciaire définitive.
L’ACOFEPE et La Référence Plus estiment que les familles des victimes et la communauté journalistique ne peuvent continuer à attendre une vérité judiciaire complète, plus de deux décennies après les faits.
Les deux structures évoquent également des investigations menées par des organisations nationales et internationales de défense des droits humains et de la liberté de la presse. Celles-ci auraient fait émerger des pistes sur les circonstances de l'assassinat et sur des personnes susceptibles d'avoir participé à sa planification. Elles demandent que ces éléments soient examinés par les autorités judiciaires compétentes, dans le respect de la présomption d'innocence.
Le communiqué souligne notamment la nécessité d'examiner les pistes liées à l'environnement professionnel et politique que fréquentait le journaliste à l'époque, sans traitement sélectif ni protection politique. Les deux organisations appellent à ce que toute personne éventuellement mise en cause puisse être entendue dans le cadre d'une procédure indépendante et impartiale.
Des exigences pour faire avancer la justice
Dans leur déclaration, l'ACOFEPE et le groupe de presse La Référence Plus formulent plusieurs demandes à l'endroit des autorités congolaises. Elles exigent la réouverture des enquêtes, l'identification et la poursuite des éventuels commanditaires, ainsi qu'une procédure judiciaire transparente, indépendante et à l'abri de toute interférence politique.
Elles plaident également pour que les familles des victimes soient pleinement associées à la recherche de la vérité et invitent les organisations nationales et internationales de défense des droits humains et de la liberté de la presse à maintenir leur attention sur ce dossier.
Les deux organisations rappellent que Franck Ngyke Kangundu était un journaliste reconnu pour ses prises de position sur les injustices sociales, la corruption et les abus de pouvoir. Son assassinat, conjointement à celui de son épouse, est présenté comme une atteinte grave aux droits humains et à la liberté de la presse.
Instituée par l'Assemblée générale des Nations unies à travers la résolution A/RES/68/163 du 18 décembre 2013, la Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes est célébrée chaque 2 novembre. Elle vise notamment à sensibiliser les États à leur responsabilité dans la prévention des violences contre les professionnels des médias, la protection de leur sécurité et la poursuite des auteurs de crimes commis à leur encontre.
Dans le cadre de la commémoration des 21 ans de la disparition du couple, une messe d'action de grâce est également annoncée pour le dimanche 8 novembre 2026, dans une paroisse catholique à Anhée, en Belgique.