Le Groupe de contact international (GCI) pour la région des Grands Lacs dont la présidence est assurée par la France, exprime sa préoccupation face à la persistance des combats dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) dans un contexte marqué par la mutation de la rébellion de l'AFC/M23, appuyée par le Rwanda vers le FRN, dirigé par Joseph Kabila, et qui continue d'occuper de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans une déclaration conjointe publiée vendredi 30 octobre 2026, l'Allemagne, la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis d'Amérique, la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse et l'Union européenne appellent les parties à respecter leurs engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques de Washington et de Doha et à mettre en œuvre la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée à l'unanimité et exigeant, entre autres, la fin des hostilités et le retrait des forces rwandaises du sol congolais.
« Le Groupe de contact international (GCI) pour la région des Grands Lacs rappelle aux parties qu'elles doivent mettre en œuvre la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appelle les forces de défense rwandaises à cesser leur soutien au M23 et à se retirer immédiatement du territoire de la RDC, sans condition, à démanteler les administrations parallèles illégitimes présentes sur le territoire de la RDC et à neutraliser les FDLR », ont-ils fait savoir dans leur déclaration conjointe.
Dans leur message, dans lequel ils sont revenus sur la question des FDLR, ils ont appelé la RDC à mettre en œuvre rapidement son plan de démobilisation, de désarmement et de cantonnement des FDLR, ainsi qu'à rendre public un calendrier précis.
« Sur ce dernier point, rappelant la déclaration du GCI d'août, qui prend bonne note du plan présenté par le gouvernement de la RDC, le GCI encourage ce dernier à présenter un plan d'action clair et un calendrier précis visant à mettre rapidement en œuvre le protocole de désarmement, de démobilisation et de réintégration des groupes FDLR », ont-ils ajouté dans leur déclaration.
Le GCI réitère sa profonde préoccupation face aux combats qui persistent dans l'est de la RDC et déplore les souffrances infligées aux populations civiles. Il exhorte toutes les parties à respecter leurs engagements pris à Doha le 19 juillet 2025, à savoir l'observation du cessez-le-feu.
« L'utilisation croissante de drones a de graves conséquences pour les civils et les travailleurs humanitaires », ont-ils souligné dans leur déclaration.
L’accord de paix signé à Washington sous les auspices des États-Unis d'Amérique entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda prévoit notamment la neutralisation des FDLR et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Plus d’un an après sa signature, Kinshasa a annoncé un protocole visant le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des FDLR.
Kigali conteste cette démarche, estimant que l’accord prévoit la neutralisation des FDLR et non la mise en place d’un protocole spécifique de désarmement, de démobilisation et de cantonnement. Kinshasa défend, de son côté, le désarmement volontaire comme moyen de neutraliser durablement le groupe armé et de lever l’argument sécuritaire invoqué par Kigali pour justifier sa présence sur le sol congolais.
Au Conseil de sécurité de l’ONU, au mois de juin, les États-Unis, par la voix de Massad Boulos, ont reconnu des difficultés dans l’application de l’accord et appelé les deux parties à respecter leurs engagements. La persistance des violences, les accusations réciproques de violations du cessez-le-feu et les divergences d’interprétation continuent de freiner le processus de paix, tandis que les populations civiles restent les principales victimes des hostilités.
Clément MUAMBA