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Sommet Russie-Afrique : « Pour nous, diversifier nos partenariats n'est pas choisir un camp : c'est renforcer notre liberté de décision au service de nos populations » (Félix Tshisekedi)

Félix Tshisekedi et Vladmir Poutine

Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi a plaidé, jeudi 29 octobre à Moscou,  pour un partenariat renforcé entre la Russie et l’Afrique, axé sur la paix, la sécurité, la création d’emplois et une meilleure représentation du continent africain dans les instances de gouvernance mondiale. Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions géopolitiques après une première édition organisée à Sotchi en 2019 et une deuxième à Saint-Pétersbourg en 2023. La Russie et l’Union africaine ambitionnent ainsi de donner un nouvel élan à leurs relations.

Intervenant lors de la session plénière des chefs d’État et de gouvernement au 3ᵉ Sommet Russie-Afrique, le chef de l’État congolais a réaffirmé la volonté de la RDC de diversifier ses partenariats internationaux, tout en préservant sa souveraineté et son indépendance de décision. Félix Tshisekedi a précisé que la diversification des partenariats ne signifiait pas un alignement sur un camp au détriment d’un autre.

« Ce troisième Sommet Russie-Afrique doit donner une traduction concrète à notre volonté de coopération. Nos peuples attendent de ce partenariat qu’il contribue à leur sécurité, à la création d’emplois et à une meilleure prise en compte de leurs aspirations dans les décisions internationales. La République démocratique du Congo aborde ces échanges avec ouverture et en pleine indépendance de jugement. Pour nous, diversifier nos partenariats n'est pas choisir un camp : c'est renforcer notre liberté de décision au service de nos populations », a déclaré Félix Tshisekedi.

Abordant les priorités économiques de la RDC dans le cadre de cette coopération, il a évoqué l’accès à l’énergie, le développement des infrastructures, la transformation locale des minerais et la sécurité alimentaire. Il a cité la valorisation du potentiel hydroélectrique congolais et l’exploration du nucléaire civil parmi les pistes à privilégier, tout en insistant sur la nécessité de développer des infrastructures capables de relier les différentes parties du territoire national.

« Pour la République démocratique du Congo, les priorités sont concrètes : l'accès à l'énergie, en valorisant notre potentiel hydroélectrique et en explorant le nucléaire civil ; les infrastructures qui relient nos territoires ; la transformation locale de nos minerais ; la sécurité alimentaire, par l'agriculture et l'accès aux engrais. Nous voulons des projets économiquement viables, qui favorisent le transfert de technologies, la formation et la participation de nos entreprises », a-t-il dit. 

Et de poursuivre :

« Je propose que nos ministres retiennent, pour chacun de nos pays, un nombre limité de projets prioritaires, assortis de financements identifiés, de calendriers réalistes et d'un suivi régulier, avec un premier bilan lors de la prochaine conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique. C’est à leurs effets sur la vie quotidienne de nos populations que se mesurera la réussite de notre partenariat. »

Évoquant les enjeux internationaux, le chef de l’État a rappelé que la RDC, membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2026-2027, exerce cette responsabilité avec indépendance et dans la recherche de solutions équilibrées. Abordant les différents conflits, Félix Tshisekedi a plaidé pour le maintien des voies du dialogue et de la diplomatie, tout en faisant de la protection des populations civiles une priorité

« Membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2026-2027, la République démocratique du Congo exerce cette responsabilité avec indépendance, dans la recherche constante de solutions équilibrées. En Ukraine comme au Moyen-Orient, nous plaidons pour que les voies du dialogue et de la diplomatie demeurent ouvertes, même lorsque les positions paraissent irréconciliables, et pour que la protection des civils reste une priorité. Ces conflits ne sont pas lointains pour nos peuples : ils se lisent dans le prix des denrées, des engrais et de l'énergie » a souligné Tshisekedi.

Par ailleurs, Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité de réformer le Conseil de sécurité des Nations unies afin de garantir une représentation plus équitable de l’Afrique dans les instances internationales de décision. Pour appuyer sa démarche, il a rappelé la position africaine commune consacrée par le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte.

« L'Afrique doit peser sur les décisions qui engagent son avenir. La réforme du Conseil de sécurité doit corriger l'injustice historique faite à notre continent, conformément à la position africaine commune portée par le Consensus d'Ezulwini et la Déclaration de Syrte. Elle doit aussi mieux articuler l'action des Nations unies avec les mécanismes africains de prévention et de règlement des conflits. Nous souhaitons poursuivre avec la Fédération de Russie un dialogue qui produise des avancées concrètes sur cette question. Davantage de sécurité, une capacité accrue à produire, une voix africaine mieux entendue : c'est à l'aune de ces trois résultats que nos peuples jugeront notre rencontre », a plaidé Félix Tshisekedi auprès de son homologue russe, Vladimir Poutine, dont le pays siège à l'ONU parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Par la même occasion, Félix Tshisekedi a réaffirmé la disponibilité de la RDC à approfondir sa coopération avec la Russie, dans le respect mutuel, la réciprocité et l'exigence de résultats concrets.

Ce sommet Russie-Afrique a rassemblé des délégations de près de 50 pays africains, dont plus de 20 chefs d’État et de gouvernement, ainsi que le président de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, et des représentants d'autres blocs régionaux du continent africain. Il intervient dans un contexte où Kinshasa, malgré son accord de partenariat stratégique avec les États-Unis d’Amérique, n’a cessé de clamer son attachement à une diplomatie d’ouverture et à une coopération gagnant-gagnant au profit de sa population.

Clément MUAMBA


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