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Processus de Doha : à Rome, la C64 appelle à intégrer au dialogue national inclusif les aspects liés à la gouvernance prévus dans les protocoles signés

Déclaration de principe entre la RDC et le M23 à Doha

Le dialogue national inclusif pour parvenir à la paix et mettre fin aux velléités de balkanisation de la République démocratique du Congo d’autant plus qu’il n’existe pas de solution militaire à la crise que traverse le pays : telles sont les options et recommandations issues du conclave de deux jours tenu lundi 26 et mardi 27 octobre 2026 à Rome en Italie, par la coalition C64, dans un contexte marqué par la poursuite des hostilités dans l’Est de la RDC.

Pour cette organisation politique de l’opposition, qui a réuni pour la première fois en présentiel ses leaders et les membres de son présidium, il est toujours nécessaire de promouvoir un format de dialogue prenant en compte toutes les parties au conflit, sans discrimination. Cette position intervient alors que le régime de Félix Tshisekedi ne souhaite pas une initiative de dialogue national incluant toutes les parties, évoquant les initiatives de Washington et de Doha qui prennent déjà en charge des acteurs armés impliqués dans la crise.

« Face à la recrudescence des combats, aux velléités de coup d’État constitutionnel et au péril de la balkanisation du pays, la C64 rappelle qu’il n’y a pas d’issue militaire à la crise que traverse le pays et en appelle au dialogue national inclusif pour la cessation des hostilités, la réunification du pays et le renforcement de la cohésion nationale. À cet effet, la C64 en appelle à des discussions avec toutes les parties au conflit pour mettre fin à l’escalade militaire et à la crise humanitaire », dit la C64. 

Concernant le processus de Doha, mené sous l’égide de l’État du Qatar et consacré à la crise entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda et devenue le Front pour la refondation de la nation (FRN), la coalition C64 estime qu’il est temps d’intégrer les 8 protocoles restants de l’accord-cadre dans le processus de dialogue national avec toutes les parties. 

« Le processus de Doha doit être coordonné et produire des résultats vérifiables : respect du cessez-le-feu, contrôle crédible de son application, protection des civils et accès humanitaire. Il est venu le temps d’intégrer les aspects liés à la gouvernance envisagés dans les six protocoles additionnels de Doha dans le cadre du dialogue national inclusif »,  ont plaidé les opposants.

Parallèlement, la coalition C64 a appelé à la mise en œuvre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies qui exige notamment le retrait des forces rwandaises, bien que la coalition n’ait pas explicitement cité l’armée rwandaise, préférant parler de troupes étrangères.

« La C64 exige l’application de la résolution 2773, qui recommande notamment le retrait des troupes étrangères du territoire national », ont-ils déclaré.

Kinshasa et le M23 soutenu par le Rwanda ont signé le 15 novembre 2025 à Doha, une feuille de route devant ouvrir la voie à un accord de paix dans l’Est de la RDC. Ce texte, soutenu par Washington, le Qatar et l’Union africaine, fixe huit protocoles à négocier en urgence.

L’Accord-cadre repose sur huit protocoles thématiques, considérés comme un condensé des principales problématiques au cœur de la crise : (1) le mécanisme de libération des prisonniers, signé le 14 septembre 2025 ; (2) le mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, signé le 14 octobre 2025 ; (3) l’accès humanitaire et la protection judiciaire ; (4) la restauration de l’autorité de l’État, les réformes institutionnelles et la gouvernance participative ; (5) les arrangements sécuritaires intérimaires ainsi que le DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion) ; (6) les questions liées à l’identité, la citoyenneté, au retour et à la réinstallation des réfugiés et déplacés ; (7) la relance économique et la réhabilitation des services sociaux de base ; (8) la justice, la vérité et la réconciliation.

Si deux protocoles ont déjà été signés sans être exécutés concrètement, les six autres, qui devraient faire l’objet de discussions techniques afin d’en définir les modalités précises d’exécution, les échéances et les engagements réciproques des parties signataires, restent jusqu’à ce jour au point mort. En dépit des rencontres d’évaluation qui se sont succédées de Doha à Montreux, aucune avancée concrète n’a encore été enregistrée, une situation qui favorise davantage la poursuite des hostilités sur le terrain.

Clément MUAMBA


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