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Enfants et conflits armés: à l’ONU, Vanessa Frazier souligne les efforts de la RDC pour prévenir le recrutement des enfants dans les forces armées nationales

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La représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés, Vanessa Frazier a appelé les États membres et le Conseil de sécurité à renforcer leurs efforts pour prévenir les violations graves commises contre les enfants dans les conflits armés. Elle s’est exprimée lundi 26 octobre 2026, lors de la 10 251e séance du Conseil de sécurité consacrée au thème « Les enfants et les conflits », sous la présidence de la Grèce, à l’occasion du 30e anniversaire du mandat relatif aux enfants et aux conflits armés.

Dans son intervention, Vanessa Frazier a rappelé l’importance du rapport historique de Graça Machel de 1996, qui a placé les expériences et les droits des enfants au cœur de la réponse internationale aux conflits armés. Elle a souligné que les représentants spéciaux qui lui ont succédé ont poursuivi ce travail en présentant au Conseil de sécurité des informations vérifiées sur les violations commises contre les enfants, en dialoguant avec les parties aux conflits et en les encourageant à modifier leur comportement.

La diplomate onusienne a également insisté sur le rôle des instruments juridiques internationaux, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant, son Protocole facultatif concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés et les instruments du droit international humanitaire, qui constituent des références essentielles pour prévenir les violations, garantir la responsabilisation et protéger les droits des enfants touchés par les conflits.

Vanessa Frazier a mis en avant les résultats obtenus grâce aux efforts déployés dans le cadre du mandat des Nations Unies consacré aux enfants et aux conflits armés. Au cours des trois dernières décennies, a-t-elle fait savoir, cette combinaison de cadres juridiques, de plaidoyer soutenu et d’engagement auprès des parties au conflit a produit des résultats concrets.

« À ce jour, plus de 40 plans d’action ont été signés avec les parties au conflit, contribuant à la libération de plus de 220 000 enfants des forces et groupes armés et à leur transfert à des acteurs civils de la protection de l’enfance. Plus de 220 000 enfants. Ce chiffre à lui seul témoigne de l’impact de ce mandat. Mais sa contribution va bien au-delà de la simple libération. En République démocratique du Congo, la mise en œuvre du plan d’action a permis d’instaurer des mesures visant à mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants par les forces armées nationales et à prévenir ces pratiques », a fait savoir la représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés, Vanessa Frazier.

Par ailleurs, malgré les progrès accomplis au cours des trois dernières décennies, la représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU a déploré la persistance des violations graves commises contre les enfants dans les zones de conflit. Selon elle, trois décennies de résolutions, de conventions et d’engagements internationaux n’ont pas suffi à protéger les enfants de la guerre. En 2025, les Nations Unies ont recensé 38 558 violations graves commises contre 24 174 enfants, un record depuis la création, en 1996, du mandat consacré aux enfants et aux conflits armés.

À l’occasion de cet anniversaire, la représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés, Vanessa Frazier, a exhorté le Conseil de sécurité et les États membres à se concentrer sur quatre priorités. Premièrement, a-t-elle rappelé, il est essentiel que les informations vérifiées débouchent sur des actions concrètes. Les parties au conflit doivent permettre aux observateurs de travailler en toute sécurité et sans entrave.

« Lorsque des violations sont documentées, les États membres doivent exiger des mesures précises pour y mettre fin, protéger les enfants et traduire les auteurs en justice. L’action de l’ONU pour surveiller les violations graves et y répondre offre à ces enfants un bien inestimable : la visibilité, la protection et la certitude que le monde ne les a pas oubliés », a-t-elle fait savoir dans son intervention.

Deuxièmement, elle a rappelé qu’il convient de traduire les engagements existants en actes. Selon elle, les parties à un conflit doivent protéger les écoles contre les attaques et s’abstenir de les utiliser à des fins militaires. Les États qui ont approuvé la Déclaration sur la sécurité des écoles et la Déclaration politique sur l’emploi d’armes explosives dans les zones peuplées (EWIPA) devraient mettre en œuvre leurs engagements au moyen de politiques nationales, de directives militaires et de procédures opérationnelles visant à réduire les risques pour les enfants. Ils devraient également intensifier leurs efforts pour prévenir le recrutement et soutenir la libération et la réinsertion des enfants.

Troisièmement, elle a souligné qu’il est essentiel de préserver l’unité du Conseil de sécurité et d’exploiter pleinement les outils dont il dispose. Ce cadre n’a d’impact que si les membres du Conseil l’appliquent de manière cohérente en toutes circonstances et donnent suite à leurs décisions.

« J’exhorte les membres à poursuivre les travaux du Groupe de travail du CAAC, à adopter des conclusions opportunes et pratiques et à maintenir un dialogue constant avec les parties prenantes. La voix du Conseil porte lorsqu’il s’exprime d’une seule voix et qu’il met en œuvre ses décisions », a-t-elle plaidé dans son discours.

S’agissant de la quatrième priorité, Vanessa Frazier a rappelé qu’il convient de maintenir les actions de prévention, de protection et de réintégration. Selon elle, la prévention repose sur une intervention précoce, des services de protection de l’enfance compétents et un soutien fiable au suivi et à la réintégration. Elle estime que les États membres devraient poursuivre ce travail aux niveaux local, national et régional. Les enfants devraient également pouvoir être entendus de manière sûre et significative dans les décisions concernant leur protection et leur avenir.

Ces assises se sont tenues dans un contexte où la persistance des violences dans l’Est du pays démontre l’ampleur des défis qui restent à relever en République démocratique du Congo face à l’agression rwandaise à travers la rébellion de l’AFC/M23, devenue le Front pour la refondation de la nation (FRN) qui continue de détériorer la situation sécuritaire et humanitaire et d’occuper de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC.

À cela s’ajoute le statu quo observé dans les initiatives diplomatiques, notamment celles de Washington et de Doha, qui, malgré des avancées sur le papier, peinent à produire les résultats escomptés. Les appels se multiplient aux niveaux international, régional et continental pour exhorter chaque partie à honorer ses engagements.

Clément MUAMBA