Le Gouverneur de la Tshopo a convoqué, pour ce samedi 24 octobre, un meeting à la poste, précédé d'une marche dans la ville de Kisangani, pour dire « non », selon lui, à la rébellion chapeauté par l'ancien président Joseph Kabila.
À Kisangani, certains Boyomais accusent le Gouverneur de « violation intentionnelle de l'arrêté portant suspension provisoire des rassemblements dans la Tshopo ». Signée par le Gouverneur le 9 juillet, cette mesure vise à empêcher la propagation du virus Ebola qui a déjà tué à ce jour plus de 30 personnes dans la Tshopo. Le virus Ebola est en circulation a déjà touché 75 personnes dans la Tshopo.
À Kisangani, des Boyomais s'inquiètent depuis l'annonce de la marche. C'est le cas de Claudlove Ramazani, membre de la ligue des jeunes de l'UDPS. Selon lui, « l’urgence sanitaire doit primer ! ». Ce militant pense aussi que « la solidarité nationale et le soutien aux institutions ne doivent pas nous faire perdre de vue l’urgence sanitaire. La protection de la population doit rester une priorité absolue ».
Sur le campus central de l'UNIKIS, François Longo, étudiant à la Faculté de Droit n'a pas aussi caché son inquiétude. Pour lui, « on ne peut pas accepter de perdre ceux qui sont à Goma par la guerre et perdre aussi ceux qui sont à Kisangani par la maladie. Nous compatissons avec nos frères de Goma, Bukavu, et aussi nous ne voulons pas que la maladie puisse se propager ici ».
Jean Divin Tawamba compte lui se présenter à la marche de ce samedi. Son soutien à cette initiative est lié « au trucage des images par les ennemis de le République ». À l'en croire, « ceux qui ont choisi la voie des armes manipulent les réseaux sociaux avec des vidéos, parfois, générées par l'intelligence artificielle. Et le marché organisé par le Gouverneur va prouver aux ennemis que la Tshopo est unie derrière les FARDC ».
Le Gouverneur de la Tshopo s'est lui-même investi dans la sensibilisation. Ce jeudi, il a réuni plus ou moins mille étudiants dans l'amphithéâtre de l'Université de Kisangani. Selon son porte-parole, contacté par ACTUALITE.CD, l'organisation de la marche a prévu des dispositifs sanitaires accessibles à tous les participants.
« Je tiens à vous assurer qu'il y aura une circulation suffisante des solutions hydroalcooliques, à la portée de tous les participants. Mais évidemment, la distanciation sera observée parce que ce boulevard Lumumba que nous allons emprunter est un boulevard très large qui permettra à ce que chaque groupe puisse marcher dans le respect de la distanciation », a dit Maître Michel Biambe.
Certains services étatiques rendent obligatoire la participation de leurs agents et cadres à la marche de ce samedi. La division des titres immobiliers a annoncé qu'une liste de présence va circuler et doit obligatoirement être signée par ces agents. Le cadastre également a appelé ses agents à répondre présent à cette initiative.
Gaston MUKENDI, à Kisangani