Invité à la plénière du Sénat ce vendredi 16 octobre pour expliquer les accidents maritimes, aériens, ferroviaires et routiers à répétition à travers le pays, le vice-premier ministre et ministre des transports, voies de communication et désenclavement, Jean-Pierre, s’est d’emblée défendu d’avoir hérité d’un secteur « confronté à des déficits historiques ».
Au Sénat, Bemba a livré l’analyse d’un secteur se trouvant dans un moment charnière de son développement, mais entravé, non seulement par un problème d’insuffisance d’infrastructures, mais de l’ensemble du système. Citant également la vétusté des infrastructures des transports en RDC, ce membre de l’exécutif a, en outre, soulevé la faible connexion entre les différents modes, le déficit chronique d’entretien et de maintenance, l’insuffisance des équipements de sécurité et des données de la digitalisation, ainsi que la gouvernance encore perfectible des entreprises publiques du secteur.
Sur le fond, Jean-Pierre Bemba a par ailleurs pointé la faiblesse dans la régulation, le cout logistique élevé, la forte dépendance du pays aux transports routiers ainsi que la faible exploitation du potentiel fluvial et ferroviaire.
« Le secteur que j’ai trouvé est confronté à des déficits historiques. Mais depuis mon avènement en juin 2024, j’ai engagé des actions concrètes dans plusieurs domaines, et j’ai changé la méthodologie », s’est-il vanté.
Il a affirmé avoir mis en place une politique consistant notamment à moderniser, non plus de réparer provisoirement comme il est de coutume en RDC, de prévenir plutôt que de guérir, de digitaliser plutôt que gérer manuellement, de contrôler plutôt que de constater. Le VPM a aussi rappelé le programme du gouvernement pour son secteur, qui prévoit la construction, la réhabilitation et la modernisation des infrastructures de transport maritime, fluvial, aérien et ferroviaire. Ledit programme, défini pour la période 2024-2028, ambitionne l’acquisition et la réhabilitation des équipements et matériels de ces transports, ainsi que l’amélioration de leurs services.
En RDC, le secteur des transports reste sous le feu des critiques de l’opinion, qui déplore les désordres qui le caractérisent. Plusieurs langues accusent l’actuel ministre de se focaliser sur le transport aérien, faisant fi aux transports routiers et fluviaux, lesquels enregistrent très souvent d’accidents meurtriers depuis plusieurs années. A Kinshasa, par exemple, le constat est tel que les véhicules privés qui assurent le transport en commun sont en majorité en mauvais état, et sont des modèles datant du 20e siècle. En plus de cela, la qualité des conducteurs interroge, d’autant qu’ils conduisent au mépris total du Code la route.
Samyr LUKOMBO