L'opposant Franck Diongo, de la plateforme « Sauvons la RDC », a appelé jeudi 15 octobre les Congolais à adhérer à la lutte armée menée par le Front de résistance nationale (FRN) de Joseph Kabila, tout en affirmant ne pas en être membre. Lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, face à Lambert Mende, il a prévenu qu'à défaut d'un dialogue inclusif aux conditions acceptables, « les armes vont trancher ».
« Je ne suis pas membre, mais je soutiens, j'encourage et j'appelle les Congolais à adhérer », a déclaré Franck Diongo, accusant Félix Tshisekedi d'avoir « détruit le pays ». Relancé pour savoir s'il appelait bien à rejoindre la lutte armée, il a confirmé : « À la lutte armée, oui. » Interrogé sur le fait d'assumer le recours aux armes, il a répondu : « Ce n'est pas posé en termes d'assumer ou de ne pas assumer. Aujourd'hui, je suis partisan d'une révolution qui libère le pays et rompe avec l'arbitraire. » Il a de nouveau invoqué l'article 64 de la Constitution comme fondement de cette « révolution », destinée selon lui à « restituer le pouvoir au peuple congolais ».
« Les rapports de force vont trancher »
L'opposant a conditionné une éventuelle participation de Joseph Kabila au dialogue à des garanties. « Si M. Tshisekedi veut un dialogue inclusif, avec une médiation impartiale, M. Kabila va venir au dialogue dans les conditions qui sont acceptables. À défaut, les rapports de force vont trancher », a-t-il averti, avant de préciser : « Maintenant, les armes vont trancher, c'est clair. »
« On ne décrète pas une cohésion nationale »
Franck Diongo a accusé le chef de l'État de refuser la réconciliation. « On ne décrète pas une cohésion nationale. Il n'y a pas de cohésion nationale sans cohérence nationale », a-t-il soutenu, faisant de la réconciliation « le ciment d'une société ». « Vous n'allez pas prendre la caillasse avec de l'eau et du sable et avoir du béton. Il faut mettre du ciment », a-t-il illustré.
Selon lui, le pouvoir s'accroche au discours sur l'occupation et l'agression pour éluder ses propres défaillances. « Comme si le Congo n'avait pas de problème de gouvernance, de légitimité du pouvoir, de sécurité. Toutes les inondations à Kinshasa, tous les détournements, c'est toujours l'occupation qui fait tout ça. Non », a-t-il ironisé. Il a cité le cas de 110 millions de dollars qui auraient été détournés à la SNEL, déplorant qu'aucun responsable du régime n'ait été arrêté pour corruption ou détournement.
« Le patriotisme n'est pas obéir à un président. La fidélité à une République n'est pas la fidélité à un régime. La défense de la Constitution n'est pas une faveur accordée par un pouvoir, c'est une exigence pour tous les dirigeants », a-t-il martelé, dénonçant l'usage de la loi « comme une arme de persécution politique ».
Le FRN, « cinq fondateurs, personnes physiques »
Franck Diongo a tenu à apporter des précisions sur la composition du FRN. Selon lui, le mouvement ne compte à ce jour que cinq fondateurs, tous des personnes physiques issues de mouvements politico-militaires dissous. « Aucun parti politique n'est membre du Front, aucune plateforme, aucune association de la société civile », a-t-il affirmé, citant nommément le PPRD, le FCC et « Sauvons la RDC ». « J'ai l'autorité pour vous dire ce que je vous dis là », a-t-il insisté.
Il a accusé le pouvoir de pousser des acteurs de la majorité comme de l'opposition à se désolidariser publiquement. Il a également affirmé que, la veille, des agents de sécurité s'étaient présentés au siège de son parti à Kinshasa pour tenter d'interdire des réunions prévues dans les bureaux. Il a enfin rappelé que sa plateforme avait adopté un programme de « refondation du pays » lors d'un conclave international tenu les 26 et 27 juin en Belgique.